14e dimanche du temps ordinaire, année C - 3 juillet 2016

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Livre d'Isaïe 66,10-14abc.
Psaume 66(65),1-3a.4-5.6-7a.16.20.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 6,14-18.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10,1-12.17-20.
***

Aujourd’hui, comme chaque jour, la bonne nouvelle de Jésus-Christ et de sa Résurrection, vient à nous, en nous rappelant le caractère essentiel de la paix pour les hommes en toutes leurs situations. Ce rappel se fait dans la première et la deuxième lecture ainsi que dans l’Evangile :

Avec Isaïe, nous avons entendu Car le Seigneur le déclare : « Voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve et, comme un torrent qui déborde, la gloire des nations. », la paix est un englobant intégral, qui se répand sur l’intégralité de la réalité visée, la déborde même…

Pour tous ceux qui marchent selon cette règle de vie et pour l’Israël de Dieu, paix et miséricorde. Paul donne à la paix une dimension christique ainsi qu’une note propre pour le peuple des croyants en marche à la suite du Christ Jésus, invitant ainsi d’une manière radicale à un nouvel art de vivre. Nous sommes les héritiers de cette promesse.

Dans Luc, nous entendons : Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Une étape se franchit encore. Ce don de la Paix demeure mais il n’est pas seulement, reçu comme don absolu, il est donné par la simple action des croyants eux-mêmes. La Paix se révèle alors comme annonce, promesse, réception, échange, une construction humaine, au plus simple de nos vies quotidiennes…

C’est sur ce fond, que nous pouvons entendre la bonne nouvelle qui vient rejoindre toute réalité humaine.

Quel itinéraire nous propose donc l’Evangile pour vivre plus pleinement la bonne nouvelle de cette paix à recevoir et à faire fructifier ? Laissons résonner en nous quelques passages de l’Evangile…

« Et il les envoya deux par deux ». Le secret de l’humanité, notre vraie dimension, n’est pas dans la solitude, n’est pas dans le « je pense donc je suis » mais dans la relation et, de façon privilégiée, la relation deux à deux. Ainsi pour chacun se manifeste la vraie manière de s’ouvrir au réel. Ma manière de voir, de comprendre, de choisir, d’agir, doit se laisser déplacer par l’autre, se laisser enrichir par l’autre, et, par-là, s’ouvrir encore davantage, à d’autres encore… Jésus n’a pas été sans la présence à ses côtés de sa mère, Marie, de celui qui le précédait Jean, du groupe de ses apôtres et de ses disciples, l’Evangile ne cesse de l’attester… Heureux êtes-vous d’avoir osé prendre ce chemin et de l’avoir poursuivi. Il n’est pas encore fini. Il est promesse, passage…

Nous entendons ensuite : « Mangez ce qui vous est présenté » Oui, forts de cette manière d’être, en relation, il nous est donné alors d’accueillir ce qui se présente en chacune de nos situation : le bon et le doux, mais aussi l’amer et le douloureux, et de savoir nous en nourrir. A travers cela, dans les situations de nos vies : la santé, la profession, les rencontres, les échecs, les réussites, le vieillissement et bien d’autres choses encore, un chemin peut nous travailler, nous faire sortir de nous-mêmes, nous ouvrir à la vraie Vie, découvrir que ce que nous pensions être la vie était trop limité, entendre, par-là, toujours plus profondément, la promesse de la Vie pour tous… la Vie de Dieu.

Alors, nous retournant, nous pourrons humblement reconnaître et attester que « Le règne de Dieu s’est approché de nous ». Un règne de pauvreté et de simplicité, d’humilité et de vie véritable, un règne qui rend nos cœurs, à l’image de la Vierge Marie, capables d’une pleine reconnaissance et disponibles pour aimer et servir davantage, en tout.

En chacune de nos vies, il nous est offert de recevoir cette paix toujours promise, toujours accessible depuis le jour du « sang versé », d’entrer en alliance concrète avec certains, de la manière la plus déclarée possible, pour, avec eux, réussir à s’ouvrir pleinement à ce qui se donne à nous dans la situation, le bon comme le douloureux. Alors, par ce mouvement, se tisse, pour tous, la promesse du Royaume.

Chacun de vous et moi aussi, réjouissons-nous de nos vies comme elles sont. C’est là que le Seigneur vient marcher avec nous dans le plus quotidien… Comme le dit le chant de Rimaud et Berthier «Peuple d'un Dieu qui est justice», heureux sommes-nous d’être appelés à « inventer avec notre Dieu l’avenir qu’Il nous donne »…

Père Jean-Luc Fabre.


photo
http://www.lametropole.com/assets/application/articles/2//10cef9a3b357e65_file.jpg