1Th 1, 5-10 Au-delà de tout, attendre…

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

1Th 1, 5-10 Au-delà de tout, attendre…

Invention, un mot important, qui se banalise en ces jours[1] où nous parlons facilement de réalité « augmentée » comme si tout pouvait se faire à partir de nos simples capacités individuelles actuelles poussant sans aucun orient autre, l’attirant... Il y a deux milles ans, Paul a, quant à lui, inventé la foi chrétienne, la vie chrétienne. Ici, dans la lettre aux Thessaloniciens, nous découvrons qu’il n’a pas été le seul et que cette invention se fait sous le mode de l’imitation, imitation du Christ, qui porte, en elle-même, une capacité de propagation. L’imitation du Seigneur porte sur la manière dont il a vécu son existence humaine… et non d’une invention à partir de rien. Cela amène à vivre de manière tout à fait autre notre quotidien, un quotidien qui s’ouvre aux autres, à tous les autres…

Cette invention, imitation, prend appui sur la parole reçue qui donne consistance à l’invention. Elle est obéissance à l’Esprit dans la situation. Cette imitation se fait en effet dans la situation présente, sous l’action de l’Esprit Saint. Cette imitation est aussi porteuse d’une force de transmission. Mon prochain ressent le mouvement que je vis et entre dans ce mouvement qui l’appelle. La bonne nouvelle se propage, œuvre tout à la fois de l’Esprit qui travaille le cœur des hommes et des témoins qui se laissent agir.

Cette bonne nouvelle qui se propage, rend soudain silencieux Paul lorsqu’elle se répand. Par cela, elle révèle son orient véritable ainsi que son origine : l’attente du Seigneur. Toutes nos actions sont en fait polarisées par cette attitude d’attente du jour de Dieu, mais attente qui doit se faire collective, universelle… Attente de celui qui, à l’origine, nous a tout donné. Attente de ce grand silence qui précédera l’Alléluia éternel…

Sachons, en ces jours déclinant, retrouver la sagesse de ce vieux paysan, dans l’Eglise d’Ars, qui répondait au curé qui l’interrogeait sur la raison de sa présence longue et silencieuse : « je l’avise et il m’avise ». L’action humaine comme celle du Christ Jésus qui au terme de son existence dira « tout achevé », doit se clore dans le silence d’une attente confiante de la venue de Celui qui, depuis l’origine, nous attend et nous espère…

1Thessaloniciens 1, 5-10 : Frères,  vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien. Et vous, vous avez commencé à nous imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la Parole au milieu de bien des épreuves avec la joie de l'Esprit Saint. Ainsi vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de Macédoine et de toute la Grèce. Et ce n'est pas seulement en Macédoine et dans toute la Grèce qu'à partir de chez vous la parole du Seigneur a retenti, mais la nouvelle de votre foi en Dieu s'est si bien répandue partout que nous n'avons plus rien à en dire. En effet, quand les gens parlent de nous, ils racontent l'accueil que vous nous avez fait ; ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable, et afin d'attendre des cieux son Fils qu'il a ressuscité d'entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient.

Père Jean-Luc Fabre

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[1] Publicité où sont mis en avant l’invention du feu, puis celle de l’électricité pour recommander une meilleure gestion de sa facture énergétique…