2ème dimanche de carême : Transfiguré ! - 12 mars 2017

Publié le par Père Olivier de Framond

Transfiguration. Cela vient au début du carême. Ce temps vers Pâques nous invite à entrer résolument dans la confession du Messie et la 1ère annonce de la Passion du Christ. Car les évangiles font intervenir la Transfiguration juste après. Le suivre semblait du bonheur. Goûter la joie de Pâques se révèle un chemin qui peut dérouter, avec des croix à porter si l’on veut connaître la gloire du Transfiguré, préfiguration du Messie à venir.

LA TRANSFIGURATION du SEIGNEUR - On dirait un rêve bizarre, mi bonne nouvelle mi cauchemar. Bonne nouvelle car il va préparer les disciples à tenir jusqu’au bout. Bonne nouvelle car, en en prenant trois à l’écart, Jésus va tendre le ressort de l’annonce de l’évangile les uns vers les autres. Dieu ne se donne jamais tout à tous et d’un coup ; il a la patience et la confiance de l’éternité.

Nos trois amis (Pierre, Jacques et Jean) vont de désarçonnement en désarçonnement. Loin, le visage de leur seigneur brille, ses vêtements aussi. Surviennent Moïse et Elie, avec qui Jésus converse. Hou la ! Pierre joue les cools, comme pour faire partie de la bande et de dire : « Waouh, trop top, ça ! On se fait une bouffe ? On s’installe » ! Paf, un 7ème personnage arrive qui ne ressemble à rien : une nuée. Et ça brille encore. Tout aveugle à la Transfiguration. Avec le carême, Dieu nous fait passer par un état d’aveugle. Je ne vois rien, je ne comprends rien. La seule issue qui reste, seul réel sur quoi vont buter les disciples, au point de chuter, c’est une parole : « Celui-ci est mon fils bien aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ». Enfin une note d’humanité dans ce monde fumeux. Avant d’être une parole, c’est une voix. Un aveugle se guide à la voix, avant d’entendre ce qu’elle dit. Nos amis sont comme des nouveau-nés qui crient car ils se croient seuls au monde ; impossible de sortir de leur angoisse de manquer, la faim, la soif, leur sont un danger mortel sans issue. Jusqu’à ce qu’ils réalisent que derrière le biberon, il y a une voix, et derrière la voix, un regard, un autre, et qu’ils n’existent qu’en relation avec lui. Le carême c’est peut-être ce temps pour passer de la naissance à la vie.

Ecouter, certains l’ont vu en session, c’est un long travail d’enfantement, jusqu’à laisser parler nos corps, avant nos pensées. Alors un époux, une épouse, peut jaillir. Car une rencontre se fait, où toi et moi sont animés par une voix, une parole, qui anime les corps et les met en chemin. Ecouter invite à persévérer dans la fidélité d’une présence à une autre présence, jusqu’à éprouver la Rencontre de Pâques où un époux nous est donné. Ecouter le bien-aimé entraîne à une fidélité sans toujours voir ni comprendre, jusqu’à connaître Celui qui me parlait au cœur. Long travail d’incarnation, de sortie de soi, d’accueil et de présence confiante à soi, à l’autre, à la vie, à Dieu. Alors boum, je peux tomber car je voulais m’installer et la vie me demande de descendre, dans mon corps, dans la vie, dans le monde passionnant des élections à venir et des petits Français qui n’arrêtent pas de se chercher… Mais je descends avec Lui. Ça changera tout. Ecoutons-le.

Père Olivier de Framond, image https://i0.wp.com/calendriersacre.free.fr/wp-content/uploads/transfiguration-vitrail2.jpg

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