3e dimanche de l'Avent - Es-tu celui qui doit venir ? 11 décembre 2016

Publié le par Père Olivier de Framond

Livre d'Isaïe 35,1-6a.10.
Psaume 146(145),7.8.9ab.10a.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11,2-11.
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Le Seigneur passe. Il ne fait que ça. Il passe dans nos déserts. Il passe dans nos barques, qui vont, qui tanguent, qui coulent. Il vient, il passe, et il part. Jean le baptiste entend parler des œuvres de Jésus, ses disciples entendent et voient. C’est toute la différence. L’ancien attend le nouveau. Dans sa prison, ultime désert de la soif, il attend encore. Il angoisse : Jésus, es-tu vraiment celui qui doit venir ou dois-je encore attendre ? « Allez lui rapporter ce que vous entendez et voyez ». Jean-Baptiste, lui, ne le verra pas.
 
Ne verra pas quoi ? Les sourds entendre, les aveugles voir, les lépreux revivre, les boiteux marcher, les morts ressusciter. La vie repart, la vie est là, elle se révèle, elle était déjà là et je ne la voyais pas. La venue du Seigneur la délie et la dévoile. Entre l’ancien et le nouveau, la bascule est là. Mais le vois-je ? Les pauvres entendent la bonne nouvelle ! Au pauvre de la bible, Jésus donne de voir et d’entendre l’œuvre de Dieu. Ce pauvre n’est pas un miséreux, il ne craint pas le manque, le départ d’un ami, une diminution. Il reconnait, lui, que le miracle est là : des aveugles voient, des sourds entendent, la joie est là, cela suffit. Si je n’entends pas la bonne nouvelle, c’est peut-être que je ne suis pas assez pauvre et préfère rester dans mes déserts. Celui qui reçoit la bonne nouvelle ne regarde pas ce qui lui manque, il ne voit que la relation à ce qui le fait vivre. Je pense à une amie syrienne qui vit un double exil : elle a fui son pays avec son mari, et son mari, qui a une bonne situation, la délaisse. Elle ne voit pas d’issue. Entendra-t-elle la bonne nouvelle ? Moi, je peine à entendre son cri. Entendre la bonne nouvelle est le miracle de Jésus.
 
L’ancien prépare le chemin au nouveau. L’angoisse de Jean déclenche la bonne nouvelle de Jésus aux foules : « Qu’êtes-vous allés voir au désert » ? L’Avent m’appelle à sortir des attentes aveugles desséchantes pour devenir ce pauvre. La venue du Seigneur délivre nos sens du voile qui les recouvre. Les pauvres voient Dieu à l’œuvre.

Père Olivier de Framond, image http://p3.storage.canalblog.com/36/27/974935/82023257_o.jpg

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