3e dimanche du temps ordinaire - 22 janvier 2017

Publié le par Père Roland Cazalis

22 janvier 2017 : oraison, 1ère lecture (Isaïe 8,23b.9,1-3.), 2e lecture (1Co 1, 10-13.1), évangile (Mt 4, 12-23), PU.
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Pour parler de ce commencement de la vie apostolique du Christ que nous relate le témoignage de l’évangéliste Matthieu, nous avons la grâce des événements du moment pour évoquer la notion d’espérance.
L’espérance, est ce que porte les paroles du Christ qui reprend les paroles de Jean le Baptiste qui lui-même avait repris les paroles d’Isaïe :
« Convertissez-vous, car le royaume des cieux est tout proche » c.-à-d. « tout proche de vous ».
« Convertissez-vous », comme « préparez-vous ».
Alors, c’est quoi ce « royaume des cieux » qui vaut la peine que l’on s’y prépare ?
Alors, j’ai dit que nous avons la grâce des événements pour avoir un contexte psychologique d’aujourd’hui afin de nous projeter.
Avant-hier eut lieu la cérémonie d’investiture du 45ème président des USA, Donald Trump.
De notre côté de l’Atlantique, probablement peu de gens auraient misé sur la probabilité de cet événement.
Mais de l’autre côté de l’Atlantique, il faut se mettre dans l’état d’esprit des partisans de Trump pour comprendre, et mieux communier à leur joie, à la formidable espérance qu’a suscité la cérémonie d’hier, leur fierté, la foi dans le futur proche au niveau économique, sans doute un sentiment de revanche.
Si on leur relisait le texte d’Isaïe que nous venons de lire, ils le recevraient cinq sur cinq à la lumière de l’événement qu’ils ont vécu.
Voilà ce que j’appelle avoir un état psychologique incendié par l’espérance que suscite l’annonce d’une bonne nouvelle, pour cela donc, il faut se mettre dans la peau d’un partisan de Trump.
Je ne sais pas quel pouvait être l’état d’esprit de Trump avant hier, c.-à-d. quelle était sa propre espérance, quel feu qui l’habitait, jusqu’où était-il disposé à se donner sans compter pour son peuple afin de réaliser son fameux « make America great again !» , « redonner à l’Amérique sa grandeur d’autrefois »
« Le royaume des cieux est tout proche » !
Il faut se mettre cette fois dans l’état d’esprit du Christ, sur sa joie intérieure, sur le feu qui couve en lui, ce feu qu’il souhaite communiquer à tous ceux qui le reçoivent et comment il aimerait que ce feu envahisse le cœur de tous les hommes.
Et si ce feu arrive à vous toucher, alors c’est le retournement, c’est cela que l’on nomme la conversion, le retournement qui nous met en phase avec lui.
Ce que le Christ opère n’est rien moins que ce que les théologiens nomment « la fin de l’histoire » au sens où c’est en quelque sorte l’achèvement de la création, mais pas encore son accomplissement.
Avec le Christ, les hommes ont tout ce qu’il est nécessaire de savoir pour s’orienter dans la vie ; ils ont le visage complet de Dieu et le chemin qui nous mène à la participation à l’œuvre de Dieu, ce qui signifie dans le même mouvement notre ultra-humanisation.
L’humanité a désormais quelqu’un à qui parler, quelqu’un à qui s’adresser, quelqu’un à qui diriger sa prière, afin que l’histoire s’accomplisse en chacun d’entre nous.
Voyez que cela dépasse même le cadre de la religion, ou alors tout est sacré, car il n’y a plus rien en dehors de la sphère de la participation à l’œuvre de Dieu.
Les Écritures parlent du Christ ; le Christ lui, doit interpréter les Écritures, mais pas seulement par rapport à ce que disent les textes, mais par ce qu’il est, par ce qu’il ressent, ce qui l’amène à introduire des changements dans l’interprétation des Écritures.
Nous savons par exemple la question du sabbat, et la confiscation de l’interprétation des Écritures par les castes sacerdotales qui imposent du coup leurs lois au peuple. Ce n’est plus vraiment les Écritures qui font autorité, mais son interprétation par les gens du pouvoir.
Jésus prend le soin de mettre ses pas dans ceux des Écritures ; il respecte les Écritures.
Il quitte Nazareth pour Capharnaüm ; il n’y a aucune obligation de faire ce genre de transhumance.
Mais il se laisse porter par les Écritures, car il va partir de la terre de Zabulon et de Nephtali. C’est ce que disent les Écritures.
Ainsi, quand les légalistes iront consulter leurs oracles pour savoir d’où doit partir le messie, ils n’auront rien à y redire. Mais ils trouveront d’autres arguments pour accuser.  
Voilà le début de la mission du Christ.
2000 ans après, les divisions qui étaient déjà en germe dans la communauté de Corinthe ont bien prospéré.
Mais le monde d’aujourd’hui n’a rien à faire des divisions des chrétiens ; nous avons autre chose à proposer au monde que notre division.
Nous devons récupérer le feu qui habitait le Christ. Voilà ce que nous devons communiquer au monde, le feu qui brule, le feu qui brille sans se consumer.
Prions donc le seigneur pour que ce feu nous soit donné afin que nous puissions témoigner avec nos mots :
« Convertissez-vous, car le royaume des cieux est tout proche de vous ».
Amen.
Père Roland Cazalis

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