5e dimanche du temps ordinaire, année A

Publié le par Père Olivier de Framond

Isaïe 58,7-10. Psaume 112(111),4-5.6-7.8a.9., 1Corinthiens 2,1-5., Matthieu 5,13-16., PU

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Le sel, c’est quelques grains dans un grand tout, et ça lui donne du goût. La lumière, on l’aime car elle donne relief et sens pour avancer sur un chemin. Homme et femme, Dieu nous crée à son image, pour être nous aussi sel et lumière de la terre. Alors l’Esprit est là, donné, vivant : il est là en tout ce qui met en route, là où du sens se donne, un goût de vivre, une joie de vivre. Un peu de sel suffit, à condition qu’il ne s’affadisse pas. Une lumière discrète suffit, à condition qu’elle rayonne. Si elle éblouit, elle impressionne, et je n’avance pas. Elle s’engage, mais sans prestige, dit l’apôtre Paul qui éprouve son langage comme laborieux, sans éclat, et dans un corps tremblant et faible. En fait une lumière rayonne, mais à l’image de Celui seul qu’il veut connaître : Jésus, le Christ, ce Messie crucifié ! Paul est saisi par l’Esprit, cet étranger qui parle en lui, au-delà des mots, plus fort que les sentiments et ressentiments qu’il peut éprouver, au-delà de ses volontés propres. Il reconnait l’Esprit en lui à la vie qui se donne dans une parole crucifiée !

Il entend le Seigneur, il goûte son sel, sa lumière de Pâques. Ce qui donne de l’entendre, Dieu ? Isaïe nous le fait sentir, c’est quand je suis en position de partager ce que j’ai à celui qui n’a pas, d’accueillir qui n’a pas d’abri, d’habiller qui n’a rien pour se vêtir. L’Esprit est là quand un amour se donne, quand j’accueille l’étranger, quand je me laisse ouvrir par lui à sa soif. L’étranger est peut-être tout près de moi : mon frère, mon âme sœur. Est-ce que je l’accueille, sa peine, son exil, sa quête de parole, de relation, d’intégration, sa quête d’une place active sur terre ? La seule place qui donne la joie est une humble place, souligne Paul. Alors ta lumière jaillira, ta justice marchera devant toi. Ta justice ? Elle est ce qui te met en chemin, en donnant à ton prochain ce que tu attends pour toi-même presque désespérément, dit Isaïe. C’est fort, ça. Invitation à nous décentrer de nous, chaque fois que nous éprouvons une relation difficile avec nos frères. Ta justice te fait aller de l’avant, car elle n’est plus que don, partage, accueil, tendresse, même si tes relations quotidiennes restent pour toi obscures. Le Christ l’accomplit dans sa Passion, … et la gloire du Seigneur ferme la marche !

Père Olivier de Framond

 

Publié dans 2017_framond