6e dimanche de Pâques - 21 mai 2017

Publié le par Père Roland Cazalis

Livre des Actes des Apôtres 8,5-8.14-17.
Psaume 66(65),1-3a.4-5.6-7a.16.20.
Première lettre de saint Pierre Apôtre 3,15-18.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,15-21.
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Nous nous approchons de la fête de la Pentecôte, les textes qui sont proposés à notre méditation nous préparent à cet événement.
 
Ces textes nous rappellent que dans le christianisme, Dieu n’est pas quelqu’un que l’on vénère de loin, que l’on respecte à distance, mais c’est quelqu’un avec qui l’on vit, car il habite en nous, il habite près de nous et nous sommes invités à participer à la relation qu’il est.
 
L’esprit est celui qui opère à la fois cette relation et qui anime cette invitation.
L’esprit passe partout où on lui laisse de la place.
L’Esprit est différent du Père et du Fils.
 
Cela nous ramène à la relation trinitaire.
C’est un concept un peu complexe quand on y parle de manière théorique.
 
En revanche, c’est une réalité très facile à comprendre dès que l’on entre dans le réel, dans le monde de la relation, puisque Dieu est relation par nature.
Nous aussi, nous sommes structurés dans la relation. Chacun de nous est engendré par un Nous, et continue à l’être.
Donc Dieu et l’humanité sont faits pour s’entendre sur la base de la relation.
On sent bien que l’Esprit est comme un sacrement. C’est lui qui consacre, c’est lui qui parcourt la terre sans arrêt et se manifeste suivant la vocation de chacun, mais aussi selon la disponibilité de chacun à vouloir dans le même sens que Dieu.
Jésus dit à ses apôtres que l’Esprit vous rappellera ce que je vous ai dit.
Mais Jésus ne dit pas tout, car ce n’est pas nécessaire.
Les évangélistes ne disent pas tout, car ce n’est pas nécessaire non plus.
Ce qui est dit est suffisant, car tout aussi important est ce qui est révélé au présent, ce qui est révélé dans le présent de chacun, et c’est aussi le rôle de l’Esprit de nous le donner.
 
Alors, quand on parle de révélation au présent, nous avons déjà le cas déjà dans les évangiles.
Nous savons identifier des citations de la parole du Christ, des commentaires de l’évangéliste.
Nous avons tous ces jours-ci la lecture en continu de l’évangile de Jean, un long discours qui ressemble à une sorte de méditation du Christ à voix haute.
Ce texte pourrait tout aussi bien pu être une méditation de Jean sur le Christ, et le fruit de sa méditation.
 
Dans ce genre de méditation, la lumière vient éclairer notre entendement, et nous savons que cette lumière est véridique, et que cette lumière vient de l’Esprit.
Cette lumière est la révélation au présent. Cette révélation est aussi importante que la citation fidèle de la parole du Christ,
 
Quand Ignace de Loyola qui Loyola, il fait halte à l’abbaye bénédictine de Montserrat, puis gagne la petite de Manresa. Il y restera presque une année en solitaire (mars 1522 – février 1523), vivant une expérience de Dieu originale fondatrice, en particulier un jour en longeant la rivière du Cardoner :
« Les yeux de mon esprit commencèrent à s’ouvrir. Ce n’était pas une vision, mais je compris beaucoup de choses concernant la vie spirituelle, la foi et la science, et cela en une telle illumination que toutes ces choses me parurent nouvelles. » (Récit, n° 30)
 
Quand je médite la parole et que je suis disponible et que je cherche la volonté de Dieu dans ce que je vais faire, alors oui, je peux recevoir des lumières de l’intérieur, dans ma compréhension des choses me concernant.
Et je sais à ce moment-là que cette lumière est vraie.
 
Alors, on peut trouver ces lumières exprimées dans l’évangile çà et là. L’Évangile est d’abord un témoignage.
Dans le témoignage, la voix de Dieu et la voix de l’homme se mêlent.
S’il n’y a que ma voix, alors je sors du cadre du témoignage.
Quand je dis « chercher à faire la volonté de Dieu dans ce que j’envisage de faire », il faut prendre la phrase dans son entièreté.
Faire la volonté de Dieu ne nous fait pas sortir de notre ligne de vie, car c’est dans cette ligne qu’elle s’accomplit.
En revanche, je peux toujours exclure Dieu de ma ligne de vie ; j’ai mes raisons.
En revanche, je ne peux pas entrainer Dieu dans mon imposture ; il ne faut pas y compter.
La bonne nouvelle, c’est que l’Esprit est l’esprit de la vérité.
L’Esprit nous entraine dans le monde de la vie.
Heureux sommes-nous, si nous aimons le monde de la vie !
Amen.
Père Roland Cazalis

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