8 mai 1945: « Le souvenir de la fin de la guerre nous place devant nos responsabilités », déclare le card. Marx

Publié le par Jardinier de Dieu

A l’occasion de la commémoration de la fin de la seconde guerre mondiale, il y a exactement 70 ans ce 8 mai, le Président de la COMECE, le Cardinal Reinhard Marx, appelle à un esprit de responsabilité et de service mutuel, afin de relever les défis tels que celui des réfugiés ou de l’injustice sociale auxquels est confrontée l’Europe aujourd’hui. Le conflit a fait entre 60 millions de morts (soixante millions: 60 000 000) et 80 millions selon les estimations.

Munich, 8 mai 2015 (ZENIT.org) Cardinal Reinhard Marx

« En ce 8 mai, nous nous souvenons avant tout de ce que les européens ont dû endurer pendant la seconde guerre mondiale. C’est également un jour de gratitude pour la libération de la domination nazie. Et c’est justement parce que nous devons notre liberté à d’autres, que le souvenir du 8 mai 1945 constitue un rappel aux responsabilités qui sont les nôtres. Car liberté et responsabilité sont indissociables. Les pères fondateurs de l'Europe ont agi en partant de cette expérience. Ils ont compris que la paix en Europe ne pouvait pas s'établir du jour au lendemain, ni une fois pour toutes. Ils ont compris qu’il s’agissait d’un processus en constant développement et qui exige une vigilance de tous les instants. Le Pape François a particulièrement souligné cet aspect lors de sa visite à Strasbourg l'année dernière. Il a rappelé que « le projet des Pères fondateurs était de reconstruire l’Europe dans un esprit de service mutuel, qui aujourd’hui encore, dans un monde plus enclin à revendiquer qu’à servir, doit constituer la clef de voûte de la mission du Conseil de l’Europe, en faveur de la paix, de la liberté et de la dignité humaine. »

La clé de voûte de l'Europe est loin d'être posée. Dans un arc de pierre par exemple, la clé d’arc se trouve au sommet ; dans une voûte, elle est le point où convergent toutes les forces. C’est seulement lorsque cette pierre est posée en dernier, que l’ensemble de la construction est porteuse. Pour le pape François, la clé de voûte c’est le respect inconditionnel de la dignité humaine. Et la question qu’il nous pose est la suivante: en sommes-nous restés à exiger les uns des autres, ou en sommes-nous arrivés à nous mettre au service les uns des autres.

Fondamentalement, cette question se pose dans tous les débats qui nous concernent en Europe en ce moment : Qu'est-ce que cela signifie pour la façon dont nous traitons les réfugiés qui cherchent protection et secours en Europe ? Qu'est-ce que cela signifie dans le contexte des injustices sociales et des tensions en Europe qui frappent notamment les jeunes dépourvus de perspectives ? Il n’est pas toujours simple d’y répondre, et encore moins de façon toujours pertinente. Or il faudra des décisions politiques qui puissent concilier à la fois revendication et service.

Reste en substance le défi, surtout pour nous, chrétiens, et qui émane de l'exemple de Jésus : c’est seulement dans l'attention à l'autre que je peux défendre la dignité de l'homme. Et c’est précisément dans le souvenir de toutes les souffrances qui nous ont frappées durant notre passé en Europe, que nous puisons notre conviction que chaque vie humaine est précieuse et unique. La réalité, c’est que ce ne sont pas juste les autres qui ont besoin de nous ; mais nous avons besoin des autres pour pouvoir poser la clé de voûte. »

Extrait d’une allocution diffusée le 2 mai à la radio Bayerischer Rundfunk.

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