Chemin de Compostelle, l'appel des grands espaces - La journée du pèlerin (partie 1)

Publié le par Geneviève R.

Cette année, le Jardinier de Dieu est très heureux de vous inviter à suivre les pas d’une pèlerine (paroissienne de Colomiers) sur les chemins de St-Jacques de Compostelle.

Une fois par semaine durant les mois de Juillet et d’Août un article sera publié sur notre site.

 A travers le récit de ce pèlerinage vécu, nous découvrirons un peu de la nature  mais surtout le changement profond du cœur et de l’âme du marcheur. Merci de tout cœur à Geneviève pour ces belles lectures et ces photos qui nous aident à contempler la Création et à louer le Créateur.

Nous vous invitons aussi à découvrir les communautés religieuses sur cette route de quête (Chemin de Compostelle) durant l'été, en écoutant l'émission de la radio Présence - du lundi au vendredi à 7h55, 8h55 et 11h45

Le Jardinier de Dieu

Ça commence à l'aube quand la nuit est encore bien noire, dans le silence du dortoir, des petits cliquetis, des ouvertures de portes, des murmures et des froissements de plastique.
C'est le grincement de ce lit ou un autre, qui marque le mouvement du réveil du pèlerin, mêlé à certains ronflements sonores, scandés ou doucereux çà et là, fin tranquille de l'ambiance de la nuit.
Puis peu à peu les choses s’accélèrent et les bruissements sont de plus en plus nombreux, chacun fait son petit travail de démarrage de journée, sortir de son duvet, aller aux toilettes,…..

C'est le moment où le corps s'étire, comme un élastique, doucement comme pour remettre tous les muscles en place. La pensée, les idées s'organisent. Lampe électrique en main dans le noir, la serviette sur le bras, le savon en main; direction la salle de bain. Les petites coréennes, toujours levées aux aurores, se pommadent le visage dans un gazouillis trépidant qui résonne. Je remplis ma poche d'eau qui sera la première à prendre sa place dans le sac avec son tuyau qui ressort sur la bretelle.

Le démarrage se prépare, méthodique, d'abord prendre soin de ses pieds, les masser, les soigner, les réveiller, les chauffer, doucement, l'un après l'autre pour les mettre dans les chaussettes qui seront leur nid de la journée.

Quand les bruits se propagent dans tout le dortoir au milieu d'ombres qui tournoient, quelqu'un allume la lumière pour que chacun fasse ses préparatifs en pleine lumière.
L' « opération sac » commence, délicate, son équilibre conditionne le bien-être de la journée. Le duvet se met par le fond, ensuite par le dessus les autres affaires pour finir par les vêtements de pluie, la laine, et enfin le casse-croûte pour les pauses.
Petit déjeuner ou pas, la mécanique se met en marche, à la pointe du jour en mettant les chaussures encore fraîches de la nuit, les bâtons en main, le bonnet bien enfoncé, c'est l'appel du chemin.

C'est l'appel des grands espaces, au moment où le soleil pointe le bout de son nez. Un pas devant l'autre, l'échauffement se fait à la lueur des lampadaires. Au début les genoux couinent un peu, le sac a besoin de s'ajuster, il tiraille d'un côté ou de l'autre, les bâtons prennent leur poste et peu à peu le rythme s'installe.
Les yeux s'ouvrent sur le jour qui se lève, dans cette lumière légère, translucide et douce qui révèle un paysage pastel et embrumé.

Geneviève R. (dimanche du 28 juin 2015(dimanche 21 juin 2015)
( dimanche du 12 juillet 2015 )


L'aube