1 Co 1, 1-3 S’aider à entrer, les uns, les autres dans le mouvement de Dieu, par la rencontre.

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Comment vraiment cheminer vers Dieu, vers sa promesse, indépendamment de la transformation de sa propre existence ? Cela n’est pas possible… Mais alors comment cette existence qui peut prendre une certaine forme peut-elle manifester que j’avance bien sur ce chemin vers Dieu, comment être sûr de ne pas se tromper dans mon changement… Une question qui se pose à tous les hommes qui un jour veulent cheminer vers un absolu ?

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La manière la plus commune d’entreprendre le chemin est celle de la quête héroïque comme pour ces jeunes gens de confession musulmane qui vont en Syrie vivre le Jihad, comme les personnes allant rendre un service au loin ou plus prêt, comme Ignace au début de sa conversion, en devenant pèlerin pour la Terre Sainte… La posture signifie un ébranlement, une sortie de soi, une nouvelle existence qui se brûle en pure perte de soi et semble ne pouvoir se conforter que de son activisme… Si je ne lâche rien de ce que j’ai en tête, alors cela va… Mais nous en voyons bien aussi les limites. La posture héroïque peine à trouver un autre avec lequel pouvoir dialoguer, sa vérité tient à sa volonté d’aller jusqu’au bout… Elle se révèle enfermement…

 

Une question, celle de la forme nouvelle, que les premiers chrétiens ont du, eux aussi, affronter dès le commencement… A la pentecôte, [Actes 2] la question que ceux qui deviennent chrétiens adressent à Pierre est « frères que devons nous faire ? », ils sentent bien la nécessité de donner une nouvelle forme à leurs existences… Pierre ne leur répondra pas de manière spécifique mais leur proposera simplement de recevoir le baptême et de vivre bien comme tous les hommes... La pratique fraternelle leur donnera ensuite d’inventer, par eux-mêmes, avec l’aide de l’Esprit, de nouvelles formes de vie telles que la prière commune, la mise en commun des biens… Cette nouvelle vie qui se développe, se poursuivra ensuite… Elle découvrira alors les moyens de sa reviviscence. C’est l’objet de la seconde lecture de ce dimanche.

 

Dans ce début de cette première lettre de Paul aux Corinthiens, nous découvrons un lieu de ressourcement pour toute forme de vie chrétienne : la rencontre entre deux libertés, deux appels. C’est bien ainsi que chacune d’elles peut se renouveler, dans la rencontre de l’autre. Il y a Paul et Sosthène d’un côté et de l’autres les fidèles de Corinthe… Ils font partie, tous ensemble, du Peuple saint. Mais la rencontre, la confrontation des styles, leur donneront de se revivifier les uns, les autres.

 

Une invite pour chacun de nous à accepter la vie paroissiale commune, celle de mon lieu de résidence, avec éventuellement sa confrontation qui peut, n’en doutons pas conforter mon être chrétien dans la rencontre des différences… et celui du frère que je rencontre !

 

1 Corinthiens 1, 1-3 Moi, Paul, appelé par la volonté de Dieu pour être Apôtre du Christ Jésus, avec Sosthène notre frère, je m'adresse à vous qui êtes, à Corinthe, l'Église de Dieu, vous qui avez été sanctifiés dans le Christ Jésus, vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint, avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre. Que la grâce et la paix soient avec vous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur.

père Jean-Luc Fabre

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