Partager l'article ! Le mal - Paul Ricoeur: « Le mal, c’est ce qui est et ne devrait pas être, mais dont nous ne pouvons pas dire pourquoi cela est ...
Qu'ils soient un ... afin que le monde croie !
« Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile ! », disait l’Apôtre Paul (1 Co 9, 16). Cette parole résonne avec force pour tout chrétien et pour toute communauté chrétienne sur tous les Continents. Même pour les Eglises se trouvant dans les territoires de mission, Eglises pour la plupart jeunes, souvent de fondation récente, le caractère missionnaire est devenu une dimension naturelle même si elles-mêmes ont encore besoin de missionnaires. De nombreux prêtres, religieux et religieuses de tous les coins du monde, de nombreux laïcs et même des familles entières quittent leurs pays, leurs communautés locales et se rendent près d’autres Eglises pour témoigner et annoncer le Nom du Christ grâce auquel l’humanité trouve le Salut. Il s’agit d’une expression de profonde communion, de partage et de charité entre les Eglises afin que tout homme puisse écouter ou réécouter l’annonce qui guérit et s’approcher des Sacrements, source de la vraie vie. (Benoit XVI)
« Le mal, c’est ce qui est et ne devrait pas être, mais dont nous ne pouvons pas dire pourquoi cela est » (« Le scandale du mal », Esprit, n°140-141, 1988, p. 62).
D’où le « défi » qu’il constitue pour la philosophie comme pour la théologie (M, 13). Ce défi sera d’autant plus redoutable qu’il aura pour origine non le mal commis dans la faute mais le mal subi dans la souffrance. Car l’un n’explique pas l’autre ; et la pensée du mal reste partagée ainsi entre la figure de l’homme coupable et celle de l’homme victime – « victime d’un mystère d’iniquité qui le rend digne de pitié autant que de colère » (SM, 477). Il existe, en effet, une souffrance « irréductible » (M, 44) et « injustifiable » (L2, 250-251). Elle consiste dans une « diminution de notre puissance d’exister » (« La souffrance n’est pas la douleur », Autrement, n°142, 1994, p. 59-60). Il s’agit moins, alors, de penser que d’agir : le mal n’est pas ce sur quoi l’on glose ; « c’est ce contre quoi on lutte » (« Le scandale du mal », op. cit., p. 60). Encore la lutte éthique et politique contre le mal rencontre-t-elle à son tour sa limite. Seuls demeurent alors la « timide espérance » et les prolongements qu’elle trouve dans des « expériences solitaires de sagesse » inspirées par les différentes religions du monde.
À partir de Paul Ricoeur