2Tm 3, 14-17; 4, 1-2 deuxième lecture du dimanche 16 octobre 2016

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Pour avancer, savoir se fier aussi aux dons déjà reçus…

« Demander une connaissance intérieure de tout le bien reçu, pour que moi, pleinement reconnaissant, je puisse en tout aimer et servir sa divine Majesté »

Exercices Spirituels n° 233 deuxième préambule

de la contemplation pour obtenir l’amour.

timothee et sa grande mere

Saint Timothée enfant et sa grand-mère Loïde. Rembrandt. XVIe

Paul se trouve devant une personne qui vacille dans sa foi, c’est comme une mission impossible pour lui. Pour répondre, il se fie à la présence de Dieu dans la mémoire de son interlocuteur…

 

En effet, faire comprendre ce, à partir de quoi tout le reste provient, ce qui est l’enjeu de la foi… C’est immense, et cela ne peut se faire que par attestation, autrement dit par la parole engagée d’une personne. A partir de son dire, nous pouvons avancer, croire, envisager, nous fier… encore faut-il que cette personne soit fiable. Il en est bien ainsi pour Paul. Paul donne des signes de sa crédibilité qui nous donne de croire ce qu’il dit. Mais il ne peut démontrer ce qu’il avance, c’est impossible. Toutefois, si nous nous fions à lui et agissons en conséquence, nous éprouverons la justesse de ce qu’il avance. Mais, à notre tour, ne pourrons que l’attester. Un peu comme pour Pierre qui a lancé les filets jadis sur l’ordre du Maître… Ainsi en est-il des vérités humaines essentielles, elles ne peuvent qu’être portées par des êtres humains, engagés pour les attester dans leur vie. En elles-mêmes, elles restent hors d’atteinte… La vérité ne va pas sans engagement, sans relation… elle n’existe pas en dehors d’un sujet qui la porte et en paye le prix… Paul rappelle ainsi à Timothée le chemin déjà parcouru, ce qui a déjà été acquis, « les maîtres qui te l'ont enseigné ».

 

Paul prend aussi appui pour encourager son ami, son frère Timothée, sur le rapport de celui-ci avec l’écriture sainte juive. Elle constitue pour eux deux, et spécialement pour Paul, la base d’une part du lien entre la Foi nouvelle et la tradition du peuple, et d’autre part de l’argumentaire à tenir envers les opposants juifs… Paul raffermit son ami en lui rappelant tout ce que l’Ecriture ancienne apporte comme moyen d’accès à la nouveauté révélée par le Christ, elle est aussi une base pour se justifier vis-à-vis des juifs… Il remobilise ainsi le passé de l’enfance de Timothée, ses relations avec sa grand-mère Loïde, sa mère Eunice… juives passées ensuite à la foi chrétienne.

 

Paul, après s’être ainsi confié à la mémoire de la promesse en Timothée, celle des témoins rencontrés, celle des souvenirs d’enfance, adjure son ami de continuer à mener son combat, à contribuer à la manifestation du Mystère de Dieu, révélé en Jésus-Christ… Laissons retentir en nous cette expérience humaine, sachons que nous aussi nous pouvons être confrontés à cette situation, aussi bien en tenant la place de Paul que celle de Timothée…

 

2Tm 3, 14-17; 4, 1-2 Fils bien-aimé,  tu dois en rester à ce qu'on t'a enseigné : tu l'as reconnu comme vrai, sachant bien quels sont les maîtres qui te l'ont enseigné.

Depuis ton plus jeune âge, tu connais les textes sacrés : ils ont le pouvoir de te communiquer la sagesse, celle qui conduit au salut par la foi que nous avons en Jésus Christ. Tous les textes de l'Écriture sont inspirés par Dieu ; celle-ci est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice ; grâce à elle, l'homme de Dieu sera bien armé, il sera pourvu de tout ce qu'il faut pour faire un bon travail.

Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui doit juger les vivants et les morts, je te le demande solennellement, au nom de sa manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d'instruire.

père Jean-Luc Fabre