Mc 16,1-7 La Veillée pascale

Publié le par jardinier de Dieu

Evangile de Jésus Christ selon St Marc, Mc 16,1-7  L’ange annonce aux femmes que le Christ est vivant

01  Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus. 02  De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au sépulcre au lever du soleil. 03  Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l'entrée du tombeau ? » 04  Au premier regard, elles s'aperçoivent qu'on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. 05  En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de peur. 06  Mais il leur dit : « N'ayez pas peur ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n'est pas ici. Voici l'endroit où on l'avait déposé. 07  Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : 'Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l'a dit.' »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

P1030305.jpgDeux grands signes caractérisent la célébration liturgique de la Veillée Pascale. Il y a d'abord le feu qui devient lumière. La lumière du cierge pascal, qui au cours de la procession à travers l'église enveloppée dans l'obscurité de la nuit devient une vague de lumières et nous parle du Christ comme véritable étoile du matin, qui ne se couche pas éternellement - du Ressuscité en qui la lumière a vaincu les ténèbres. eau-bapteme.jpgLe deuxième signe est l'eau.   Elle rappelle, d'une part les eaux de la Mer Rouge, l'effondrement et la mort, le mystère de la croix. Ensuite cependant, elle se présente à nous comme une eau de source, comme un élément qui apporte la vie dans la sécheresse. Elle devient ainsi l'image du Sacrement du Baptême, qui nous rend participants de la mort et de la résurrection de Jésus Christ. [...]


Une caractéristique absolument essentielle de la Veillée, c'est aussi le fait qu'elle nous conduit à une importante rencontre avec la parole de la Sainte Ecriture. parole.jpg[...] Le cheminement sur les routes de la Sainte Ecriture commence, durant la Veillée Pascale, par le récit de la création.


Le message central du récit de la création se laisse déterminer encore plus précisément. Dans les premières paroles de son Evangile, saint Jean a résumé la signification essentielle de ce récit en cette unique phrase : « Au commencement était le Verbe ». En effet, le récit de la création que nous venons d'écouter est caractérisé par la phrase qui revient régulièrement : « Dieu dit... ». Le monde est un produit de la Parole, du Logos, comme l'exprime Jean avec un terme central de la langue grecque. « Logos » signifie « raison », « sens », « parole ». Il ne signifie pas seulement « raison », mais Raison créatrice qui parle et qui se communique elle-même. C'est une Raison qui est sens et qui crée elle-même du sens. Le récit de la création nous dit, donc, que le monde est un produit de la Raison créatrice. Et ainsi il nous dit qu'à l'origine de toutes choses il n'y avait pas ce qui est sans raison, sans liberté, mais que le principe de toutes choses est la Raison créatrice, est l'amour, est la liberté. Ici nous nous trouvons face à l'alternative ultime qui est en jeu dans le débat entre foi et incrédulité : l'irrationalité, le manque de liberté et le hasard sont-ils le principe de tout, ou bien la raison, la liberté, l'amour sont-ils le principe de l'être ? Le primat revient-il à l'irrationalité ou à la raison ? C'est là la question en dernière analyse. Comme croyants nous répondons par le récit de la création et avec Jean : à l'origine, il y a la raison. A l'origine il y a la liberté. C'est pourquoi être une personne humaine est une bonne chose. Il n'est pas exact que dans l'univers en expansion, à la fin, dans un petit coin quelconque du cosmos se forma aussi, par hasard, une certaine espèce d'être vivant, capable de raisonner et de tenter de trouver dans la création une raison ou de l'avoir en elle. Si l'homme était seulement un tel produit accidentel de l'évolution en quelque lieu à la marge de l'univers, alors sa vie serait privée de sens ou même un trouble de la nature. Non, au contraire : la raison est au commencement, la Raison créatrice, divine. Et puisqu'elle est Raison, elle a créé aussi la liberté ; et puisqu'on peut faire de la liberté un usage indu, il existe aussi ce qui est contraire à la création. C'est pourquoi une épaisse ligne obscure s'étend, pour ainsi dire, à travers la structure de l'univers et à travers la nature de l'homme. Mais malgré cette contradiction, la création comme telle demeure bonne, la vie demeure bonne, parce qu'à l'origine il y a la Raison bonne, l'amour créateur de Dieu. C'est pourquoi le monde peut être sauvé. C'est pour cela que nous pouvons et nous devons nous mettre du côté de la raison, de la liberté et de l'amour - du côté de Dieu qui nous aime tellement qu'il a souffert pour nous, afin que de sa mort puisse surgir une vie nouvelle, définitive, guérie. ... 

Benoît XVI, 2011 © Copyright 2011 : Libreria Editrice Vaticana

Traduction française distribuée par la salle de presse du Saint-Siège

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