Expérimenter l'amour de Dieu en tournant le regard vers le Coeur de Jésus-Christ

Publié le par jardinier de Dieu

[...] Ce mystère de l'amour de Dieu pour nous ne constitue pas seulement le contenu du culte et de la dévotion au Coeur de Jésus : c'est, de la même façon, le contenu de toute vraie spiritualité et dévotion chrétienne.  Il est donc important de souligner que le fondement de cette dévotion est aussi ancien que le christianisme lui-même.  En effet, il n'est possible d'être chrétien que le regard tourné vers la Croix de notre Rédempteur, "vers Celui qu'ils ont transpercé" (Jean 19, 37;  cf. Zach 12, 10).  Avec raison, l'Encyclique Haurietis aquas rappelle que la blessure du flanc ainsi que celles qui ont été laissées  par  les clous ont été, pour d'innombrables âmes, les signes d'un amour ayant marqué leur vie d'une façon toujours plus incisive (cf. 52).  Reconnaître l'amour de Dieu dans le Crucifié est devenu pour ces âmes une expérience intérieure qui leur a fait confesser, avec Thomas: "Mon Seigneur et mon Dieu!"  (Jean 20, 28), en leur permettant de parvenir à une foi plus profonde, dans l'accueil sans réserves de l'amour de Dieu (cf.  Enc. Haurietis aquas, 49).

Expérimenter l'amour de Dieu en tournant le regard vers le Coeur de Jésus-Christ

La signification la plus profonde de ce culte de l'amour de Dieu ne se manifeste que si l'on considère plus attentivement son apport non seulement à la connaissance, mais aussi, et surtout, à l'expérience personnelle de cet amour dans le dévouement confiant à son service (cf. Enc. Haurietis aquas, 62).  Evidemment,  expérience et connaissance ne peuvent pas être séparées entre elles : l'une fait référence à l'autre.  Par ailleurs, il faut souligner qu'une vraie connaissance de l'amour de Dieu n'est possible que dans le contexte d'une attitude d'humble prière et de généreuse disponibilité.  En partant de cette attitude intérieure, le regard posé sur le flanc transpercé par la lance se transforme en une adoration silencieuse.  Le regard vers le flanc transpercé du Seigneur, d'où s'écoulent "du sang et de l'eau" (cf. Jean 19, 37) nous aide à reconnaître la multitude des dons de la grâce qui en proviennent (cf. Enc. Haurietis aquas, 34-41) et il nous ouvre à toutes les autres formes de dévotion chrétienne comprises dans le culte du Cœur de Jésus.

La foi comprise comme fruit de l'amour de Dieu expérimenté est une grâce, un don de Dieu.  Mais l'homme ne pourra expérimenter la foi comme une grâce que dans la mesure où il l'accepte en lui comme un don, dont il cherche à vivre.  Le culte de l'amour de Dieu,  auquel l'Encyclique Haurietis aquas invitait les fidèles (cf. ibid., 72) doit nous aider à nous rappeler constamment qu'Il a pris sur lui cette souffrance volontairement "pour nous", "pour moi".  Lorsque nous pratiquons ce culte, non seulement nous reconnaissons avec gratitude l'amour de Dieu, mais nous continuons à nous ouvrir à cet amour de sorte que notre vie en soit toujours mieux modelée.  Dieu, qui a répandu son amour "dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné" (cf. Rom 5,5), nous invite inlassablement à accueillir son amour.  L'invitation à se donner entièrement à l'amour salvateur du Christ et à se vouer à lui (cf. ibid., 4) a donc pour premier objectif le rapport avec Dieu.  Voilà pourquoi ce culte, totalement adressé à l'amour de Dieu qui se sacrifie pour nous est d'une telle importance  irremplaçable pour notre foi et pour notre vie dans l'amour.[...]

Benoit XVI, Vatican, 15 mai 2006, Lettre au préposé général de la Compagnie de Jésus.


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