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Qu'ils soient un ... afin que le monde croie !
« Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile ! », disait l’Apôtre Paul (1 Co 9, 16). Cette parole résonne avec force pour tout chrétien et pour toute communauté chrétienne sur tous les Continents. Même pour les Eglises se trouvant dans les territoires de mission, Eglises pour la plupart jeunes, souvent de fondation récente, le caractère missionnaire est devenu une dimension naturelle même si elles-mêmes ont encore besoin de missionnaires. De nombreux prêtres, religieux et religieuses de tous les coins du monde, de nombreux laïcs et même des familles entières quittent leurs pays, leurs communautés locales et se rendent près d’autres Eglises pour témoigner et annoncer le Nom du Christ grâce auquel l’humanité trouve le Salut. Il s’agit d’une expression de profonde communion, de partage et de charité entre les Eglises afin que tout homme puisse écouter ou réécouter l’annonce qui guérit et s’approcher des Sacrements, source de la vraie vie. (Benoit XVI)
Lectures de la messe de l'Assomption (15 août 2009)
Pas un grand de ce monde n’a jamais atteint la célébrité de cette humble fille de Nazareth. Pas un seul homme n’est aussi connu que cette simple femme. Pas un village d’Europe, peu de villes du
monde … qui ne possède une chapelle, une statue dédiée à Marie. « Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous ! »
Ce que nous redit cet Ave Maria, c’est que la gloire de Marie vient tout entière de Dieu : toute sa grandeur vient de la « grâce divine » … toute sa beauté vient de ce que le
Seigneur est « avec elle ». Elle est toute relative à son Fils Jésus.
Mère de Jésus
On risque toujours trop d’en rester au niveau élémentaire des apparences humaines. Marie est la mère de Jésus au sens habituel du terme : mère biologique, elle Lui a donné son corps de chair
… elle L’a mis au monde, L’a allaité, L’a éduqué. C’est cela que connaissait la femme pleine d’admiration : «Heureuse la mère qui T’a porté »
Mais il y a dans la foi, un sens plus profond à la maternité de Marie : elle a participé à la « mission » de son Fils. Jean ne s’y est pas trompé qui nous montre cette mère au
début et à la fin de son ministère, aux deux bouts de la tâche de son fils. A Cana, elle suscite son premier miracle qui Le fait reconnaître comme Messie par ses disciples. Au Golgotha « où
elle apporte au salut des hommes non seulement la coopération d’un instrument passif, mis la liberté de sa foi et de son obéissance », selon la belle formule du concile Vatican II (LG 56).
Mais Luc ajoute qu’elle était aussi à la naissance de l’Eglise, à la Pentecôte. Après l’Ascension, « rentrés en ville, ils montèrent à la chambre haute où ils se tenaient
habituellement : tous d’un même cœur étaient assidus à la prière, avec quelques femmes, dont Marie, mère de Jésus … » (Actes 1, 13-14)
Notre mère dans l’ordre de la grâce
Donnée par Jésus, comme mère, à tous les hommes, Marie nous a adoptés : « Femme, voici ton fils … Fils, voici ta mère. » En ce jour de l’Assomption, essayons d’entrer dans l’âme
maternelle de Marie à l’égard de tous les hommes.
Il n’y a aucune raison de douter que Marie, dès l’instant de l’Annonciation, quand elle a conçu son fils de manière tout à fait exceptionnelle, a compris, dans sa foi de fille du peuple d’Israël, que son rôle était d’être « mère du Messie », avec tout ce que comportait ce mot. Et ensuite elle n’a jamais cessé de vivre la mission de ce Messie, comme toute mère ici-bas adopte les projets de ses enfants. Elle avait donc, depuis toujours, une mission maternelle pour chacun des hommes aimés dans l’amour sauveur de son Fils.
Mais, plongée comme nous dans l’obscurité de la foi, Marie ne pouvait pas connaître de conscience claire « chacune de ses brebis », comme Jésus les connaissait une à une.
Au ciel, et par l’Assomption précisément, cette maternité universelle peut enfin devenir tout à fait consciente. Maintenant, elle connaît chacun de ses enfants. Elle les avait aimés « en son fils », d’un amour vrai mais comme indistinct. Dans a vision bienheureuse de Dieu, elle peut désormais les connaître de manière individuelle et personnelle.
L’immense dévotion que Marie suscite dans le cœur de millions d’être humains n’a donc rien d’étonnant. Chacun peut la considérer, dans la foi, comme sa propre mère … parce que c’est vrai, « car rien n’est impossible à Dieu », comme le lui disait l’ange de l’Annonciation. Nous ne sommes pas seulement à un niveau rationnel, humain. Sa maternité est de l’ordre de la « grâce divine ».
Sainte Marie, mère de Dieu, prie pour nous, tes enfants
Mais être mère ce n’est pas seulement « connaître », ses enfants, c’est surtout les « aimer » et « agir » pour eux. Marie exerce près de Dieu une intercession
vivante qui procède de l’amour. Une mère ne connaît pas ses enfants à la manière d’un savant enregistrant froidement des phénomènes. La connaissance que Marie a de nous est toute remplie de
désirs, qui sont les désirs même de Dieu pour nous.
Bien sûr, elle ne prend pas la place de son Fils, le seul Sauveur, le seul Médiateur. Marie n’est pas Dieu, elle « prie Dieu ». C’est ce que nous lui demandons dans chaque « Je
vous salue Marie … priez pour nous ! ». Et Dieu se plaît à écouter ce double écho de ses propres désirs en faveur des hommes qui sont ses enfants. Le Père attache tant de prix à
l’intercession de la sainte humanité de Jésus et à l’intercession de la mère de son Fils ! L’Assomption, c’est vraiment la logique propre naturelle de cette maternité exceptionnelle.
N.Quesson
QUESSON Noël, 2002. Les entretiens du dimanche, brève conversation sur l'Evangile de chaque dimanche. Droguet & Ardant, Paris, pp230-233