Jn 6,51-58. La messe, à quoi ça sert ? Les réponses de Jésus à cette question

Publié le par jardinier de Dieu

Les lectures de la messe
 

20ème dimanche du temps ordinaire (16 août 2009 année B)

La messe est un tel mystère que nous avons besoin sans cesse de nous replonger dans les intentions de Jésus. L’inventeur de la messe. Qu’en dit-il, Lui ? Pourquoi a-t-il proposé l’Eucharistie à nos libertés ? Et d’abord, qu’est-ce que la messe ?


La messe est un repas


Il faudrait avoir les oreilles et le cœur vraiment bouchés pour ne pas entendre Jésus nous répéter que nous devons « manger » ce Pain qui est son Corps. Le mot manger est répété jusqu’à huit fois dans une seule page d’Evangile de ce dimanche. Et le terme grec est même beaucoup plus réaliste et fort, il s’agit du verbe « mâcher » … manger avec soin, en insistant ! Et si, par hasard, nous n’avions pas compris Jésus insiste en parlant aussi de « boire » - répété, lui, quatre fois - : il faut boire ce Vin qui est son Sang.Voilà donc la 1ère réponse de Jésus à nos questions : 

il est évident qu’on ne peut pas se contenter d’être pour Jésus de loin, vaguement … ce qui se traduit souvent par la formule : « je suis croyant non pratiquant » … On ne croit pas vraiment Jésus quand on ne l’écoute pas, Lui, qui nous dit : « Prenez, mangez … ; prenez, buvez … » Que dirions-nous de quelqu’un que nous inviterions à dîner, et qui nous dirait : « je suis d’accord sur ton invitation à ce repas, mais je ne mangerai pas, et je ne boirai pas ? »

La messe est un repas : « Celui qui mange de ce pain, vivra éternellement. »


La messe est un sacrifice


Là encore il faudrait vraiment ne pas vouloir entendre. A quatre reprises, de façon insistante, Jésus associe au mot « ma chair », les mots étonnants « mon sang ». Le sang ! C’est très concret, très réaliste. Jésus suggère 

avec force qu’il va donner sa vie, qu’il va mourir, se sacrifier, par séparation de son corps d’avec son sang. Jésus n’est pas mort de maladie, dans son lit … Jésus est mort comme l’agneau du sacrifice pascal, qu’on vidait totalement de son sang avant de le manger. ET il le dit ici : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair livrée [sacrifiée] pour que le monde ait la vie. »

Voilà, la 2e réponse de Jésus

Aller à la messe n’est pas un bon petit rendez-vous facultatif, c’est être convoqué au pied de la croix pour y recevoir les fruits de salut de l’amour sauveur de Dieu.

La messe est une participation au sacrifice de la croix, que Jésus a librement et volontairement offert pour sauver le monde, pour « que le monde ait la vie ». Nous plongeons, ici, dans la conscience que Jésus ait de la nécessité de son sacrifice pour sauver le monde.
 

Quels sont donc les effets, les fruits de salut de la messe ?


Nous nous demandions, en commençant, à quoi sert la messe ? Jésus nous donne ici trois effets de la messe … pour nous, trois fruits de l’arbre de son sacrifice, trois fruits de la croix :


La Vie éternelle, et la Résurrection

« Qui mange ma chair et boit mon sang a la Vie éternelle et Moi je le ressusciterai au dernier jour ». L’Eucharistie nous fait communier au Christ ressuscité, vivant dans la gloire du Père. Ce corps vivant – vivant autrement … de la vie même de Dieu – devient en nous semence de cette même Vie divine.

Et là encore, si nous n’avions pas compris, pas voulu entendre, Jésus insiste en utilisant maintenant une formule négative : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en nous. » Il ne s’agit évidemment pas de la vie au sens courant du terme. Il faut écouter Jésus jusqu’au bout de sa pensée. Croyons-nous, vraiment, que sans Lui, on ne vit pas ?


L’immanence réciproque de Jésus et de « celui qui mange son Corps »


« Qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi et moi en lui » Ce verbe « demeurer » est l’un des plus importants de l’Evangile de saint Jean. Savez-vous ce que c’est que d’habiter, de demeurer avec quelqu’un que l’on aime et qui vous aime ? D’être heureux avec lui, avec elle ? La vocation de tout homme est de demeurer avec Dieu, en Dieu. C’est le thème fondamental de l’Alliance : « Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi » (Cantique des cantique 6,3)

Ne disons pas que nous croyons en Jésus, que nous l’aimons, si ces mots brûlants de Jésus ne nous touchent pas, ou nous laissent froids


La consécration au Père

« Du même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par (et pour) le Père, de même aussi, celui qui me mangera vivra par (et pour) moi. » C’est ainsi qu’on devrait traduire la préposition « dia » (en grec) : Jésus vit à travers le Père, grâce à Lui, par Lui, et pour Lui, Jésus est totalement tourné vers le Père, consacré corps et âme au Père, comme les époux dignes de ce nom totalement donnés, consacrés, à leur conjoint.

Eh bien, l’un des effets de la messe, c’est cela : d’être entraîné dans le mouvement de Jésus tout donné, tout consacré … à l’amour de son Père !

Bien sûr, personne d’entre nous ne pense, à chaque messe, à ces merveilles. Mais aujourd’hui, nous avons essayé d’écouter Jésus en restant au plus près de ses paroles. Pouvons-nous continuer à dire : "la messe, ça ne sert à rien » ?

Au fond, sommes-nous des affamés de Dieu ?

Est-ce que le monde nous suffit ?


Noël QUESSON

QESSON N., 2002. Les entretiens du dimanche, brèves conversations sur l’évangile de chaque dimanche. Droguet & Ardant, Paris, pp.172-176.

 

 

 

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