Evangéliser

Qu'ils soient un ... afin que le monde croie !

  « Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile ! », disait l’Apôtre Paul (1 Co 9, 16). Cette parole résonne avec force pour tout chrétien et pour toute communauté chrétienne sur tous les Continents. Même pour les Eglises se trouvant dans les territoires de mission, Eglises pour la plupart jeunes, souvent de fondation récente, le caractère missionnaire est devenu une dimension naturelle même si elles-mêmes ont encore besoin de missionnaires. De nombreux prêtres, religieux et religieuses de tous les coins du monde, de nombreux laïcs et même des familles entières quittent leurs pays, leurs communautés locales et se rendent près d’autres Eglises pour témoigner et annoncer le Nom du Christ grâce auquel l’humanité trouve le Salut. Il s’agit d’une expression de profonde communion, de partage et de charité entre les Eglises afin que tout homme puisse écouter ou réécouter l’annonce qui guérit et s’approcher des Sacrements, source de la vraie vie. (Benoit XVI)

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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /Sep /2009 16:53

Les lectures de la messe

23ème dimanche du temps ordinaire B 2009

Marc nous présente souvent Jésus guérisseur de l’homme. Le risque de ces pages serait que nous n’y voyions que l’extraordinaire. Jésus, pourtant, a bien pris soin de recommander la discrétion, « de n’en rien dire à personne » ! Comme s’il nous disait : « Ne restez pas à la superficialité … » C’est toi, aujourd’hui, par ton baptême, que je voudrais sauver de ta profonde surdité, et de ton mutisme. Et c’est par mon Corps, l’Eglise, par les sacrements, que je peux te guérir de ce mal … car le baptême est précisément le signe de l’ « effata », de l’ouverture …

Le baptême nous guérit de ne pas savoir écouter ni parler

Ce jour-là, Jésus a fait un signe visible et contrôlable : « les oreilles [du sourd] s’ouvrirent, et sa langue se délia et il parlait correctement … » Et tous pouvaient le reconnaître : « il fait entendre les sourds et parler les muets. »

Voilà la plus profonde catéchèse sur les effets du baptême.

Fermé à ses frères

Tel est le triste sort de l’homme avant que Jésus ne l’ouvre. Ecouter, parler … cela semble naturel ! Et pourtant que d’être parfois tout proches de nous que nous n’entendons plus à qui nous ne parlons plus. L’homme a besoin d’être guéri : naturellement, il est plus ou moins enfermé en lui-même, recroquevillé sur son moi, incapable d’une vraie écoute … La communication ne passe pas, comme si nous n’étions pas sur la même longueur d’onde. Il faut que Dieu vienne toucher nos oreilles et notre langue.

Fermé à Dieu

Ce qui est vrai, déjà, de nos relations humaines, est multiplié à l’infini dans nos relations avec Dieu : pour vraiment écouter Dieu, nous sommes terriblement sourds … pour vraiment proclamer la Parole de Dieu, nous sommes terriblement muets … Pour célébrer le Baptême, au temps de St Marc, à Rome, et encore tout récemment, l’Eglise touchait les oreilles du catéchumène en disant « Effata », Ouvre-toi. – Ce rite est d’ailleurs toujours possible : Rituel du Baptême, paragraphe 88 ou 128 – C’est l’un des plus beaux gestes symboliques, avec la parole qui l’accompagne : « le Seigneur Jésus a fait entendre les sourds et parler les muets : qu’il te donne d’écouter sa parole, et de proclamer la foi pour la louange et la gloire de Dieu le Père. »

Incapable de parler à Dieu

Tel est le triste sort de l’homme avant que Jésus ne lui délie la langue pour qu’il puisse véritablement chanter la louange eucharistique.

Incapable de parler de Dieu à ses frères …

Tel est le triste sort de l’homme naturel, avant que Jésus, par le baptême, vienne faire de lui un témoin audacieux de l’Evangile.

Et nous ? Notre baptême déploie-t-il toutes ses possibilités. Sommes-nous des hommes d’écoute, aux oreilles bien ouvertes ? Sommes-nous des hommes de dialogue à la langue bien déliée pour l’amour, la louange et le témoignage ?

Ca salut est sacramentel, il passe par le corps

La guérison, la libération que Jésus veut faire en nous, par quel moyen nous vient-elle ? – « Par la sainte humanité  de Jésus », répondaient les Pères de l’Eglise. Oui, c’est par son Corps que Jésus nous guérit, et en touchant nos corps ! Marc insiste presque lourdement sur cet aspect du signe : « il lui mit les doigts dans les oreilles, et lui toucha la langue avec sa salive, puis, levant les yeux au ciel, il soupira … » Toute l’action de salut de Jésus Sauveur est signifiée par des gestes corporels. On aurait parfois  tendance à effacer ces images sensibles de Jésus, si humaines pourtant. Mais on ne réussira jamais à supprimer ce fait que ce n’est pas par des paroles que le Christ nous a sauvés, mais par des gestes parlants : le repas de la Cène, le sang versé de la Croix, la pierre roulée du tombeau vide. Ces gestes concrets parlent d’eux-mêmes ! Merveilleux gestes d’incarnation !

Et il est clair, par conséquence logique, que les sacrements sont dans le droit fil de l’Incarnation : rencontrer Dieu individuellement sans pratiquer les gestes sauveurs de Jésus … c’est un rêve vite illusoire et qui aboutit rapidement à ne plus vivre-avec-Dieu, mais à se retrouver au naturel : l’homme-enfermé-en-soi-même, l’homme sourd, muet, aveugle aux réalités les plus hautes. La rencontre réelle de Dieu passe par les oreilles, par la langue et par les yeux. La rencontre transformante de Jésus ne peut se faire en vérité que par des signes sacramentels, des signes corporels et donc dans l’Eglise Corps du Christ.

Et nous ? Qu’en faisons-nous de ces gestes que le Christ veut faire sur nous ? Nous approchons-nous de Jésus pour qu’il fasse de nous un homme neuf, guéri de sa surdité et de son mutisme ? Un homme désormais ouvert !


Noël QUESSON

QUESSON N., 2002.Les entretiens du dimanche : brèves conversations sur l’Evangile de chaque dimanche. Droguet-Ardant, Paris, pp.185-188

Par Aumonerie de Purpan (jardinier de Dieu) - Publié dans : Homélies
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