Partager l'article ! Mc 10,2-16 ...la rencontre de l'autre...27e dimanche du temps ordinaire (2009-B): Les lectures de la messe 04 octobre 2009 (27ème dimanche du temps o ...
Qu'ils soient un ... afin que le monde croie !
« Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile ! », disait l’Apôtre Paul (1 Co 9, 16). Cette parole résonne avec force pour tout chrétien et pour toute communauté chrétienne sur tous les Continents. Même pour les Eglises se trouvant dans les territoires de mission, Eglises pour la plupart jeunes, souvent de fondation récente, le caractère missionnaire est devenu une dimension naturelle même si elles-mêmes ont encore besoin de missionnaires. De nombreux prêtres, religieux et religieuses de tous les coins du monde, de nombreux laïcs et même des familles entières quittent leurs pays, leurs communautés locales et se rendent près d’autres Eglises pour témoigner et annoncer le Nom du Christ grâce auquel l’humanité trouve le Salut. Il s’agit d’une expression de profonde communion, de partage et de charité entre les Eglises afin que tout homme puisse écouter ou réécouter l’annonce qui guérit et s’approcher des Sacrements, source de la vraie vie. (Benoit XVI)
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc
10,2-16.
A Un jour, des pharisiens abordèrent Jésus et, pour le mettre à l'épreuve, ils lui
demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
Jésus dit : « Que vous a prescrit Moïse ? »
Ils lui répondirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d'établir un acte de répudiation. »
Jésus répliqua : « C'est en raison de votre endurcissement qu'il a formulé cette loi. Mais, au commencement de la création, il les fit homme et femme. A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu'un. Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ! »
B De retour à la maison, les disciples l'interrogeaient de nouveau sur cette question.
Il leur répond : « Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d'adultère envers elle. Si une femme a renvoyé son mari et en épouse un autre, elle est coupable d'adultère. »
C On présentait à Jésus des enfants pour les lui faire toucher ; mais les disciples les écartèrent vivement.
Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : «Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu à la manière d'un enfant n'y entrera pas.»
Il embrassait les enfants et les bénissait en leur imposant les mains.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Nous sommes toujours dans la même situation d’une communication difficile entre Jésus et ses disciples... Ne nous leurrons pas. Cela se manifeste, aujourd’hui, dans le cadre d’une controverse avec les pharisiens, elle se poursuit avec les disciples « à la maison » où il leur redit la même chose qu’aux pharisiens, ce qui indique qu’ils avaient bien la même position butée que les pharisiens... cela reviendra avec la colère de Jésus envers les disciples à l’occasion de la présentation d’enfants et de leur barrage... Oui il y a quelque chose qui n’est pas fluide entre Lui et eux... pourtant Jésus avance, dit ce qui compte pour lui, donne le sens... D’une certaine manière, mesurer la situation relationnelle entre lui et ses disciples peut nous aider à encore mieux percevoir ce qui compte pour Jésus, mieux comprendre ce qui a du prix pour lui, mieux le comprendre, le connaître... Nous le savons bien c’est de là que naissent les vrais attachements. Lorsque l’autre se dit en vérité dans la difficulté... nous pouvons sentir ce qui compte pour lui.
Jésus dans la controverse sur la répudiation comme pour le contact avec les enfants renvoie à l’essentiel... il parle du « commencement de la création », il demande à ce que « nous accueillons le royaume de Dieu à la manière d’un enfant »... L’enfant, c’est celui qui n’est pas figé dans des attitudes, c’est celui qui écoute encore vraiment ce qui lui arrive, qui ne comprend pas tout, qui ne juge pas à partir de son modèle... comme au commencement de l’humanité, loin des compromis de l’âge, de l’endurcissement de la vie... Invite est faite aux disciples de quitter cette manière figée de vivre, de se laisser déplacer par ce qui leur arrive dans le contact avec Jésus... Si nous percevons cette visée de Jésus nous pouvons alors aller plus profond vers la réalité de notre humanité, recevoir cette humanité nous donnera de pouvoir nous ouvrir à lui et à sa parole...
De quoi Jésus nous parle-t-il ? Que nous dit-il ? De ce qui
est le plus précieux dans le mystère de l’humanité, de ce qui fait vivre l’homme, de ce dont il n’est pas possible de faire l’économie au risque de ne plus vivre, de n’être plus qu’un mort
vivant : la rencontre... Dieu n’a pas achevé l’homme. Il a donné par la sexualité la possibilité de s’achever lui-même dans la rencontre de
l’autre. Pour l’entendre lui, nous avons à nous ré-ouvrir à ce niveau de notre humanité, à cet inachèvement en nous... redevenir cet enfant ouvert sur ce qui surgit... cet enfant embrassé par le
Seigneur, béni par le Seigneur... Parlons lui cœur à cœur...
P.J.L. Fabre