Jn 10, 1-10 Se laisser instruire intérieurement par cette parole, s’abandonner à elle, en rejetant ce qui n’est pas elle…

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Jn 10, 1-10 Se laisser instruire intérieurement par cette parole, s’abandonner à elle, en rejetant ce qui n’est pas elle…

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10,1-10.

En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.
Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.
Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.
Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »
Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »

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Le temps où nous sommes est celui où le Christ Ressuscité étend, peu à peu, son règne dans le cœur de ceux qui deviennent croyants, conduisant l’histoire humaine vers son accomplissement. L’Eglise a inventé le cycle liturgique annuel (Avent, Noël, Carême, Pâques, Temps ordinaire…) pour donner à chacun de ses membres d’entrer plus profondément dans la compréhension du projet de Dieu sur l’humanité et sur lui-même. Le temps pascal que nous vivons en ces jours, est là pour aider chacun à revivifier sa mémoire du surgissement du mystère de l’Eglise à partir de l’expérience faite par les premiers disciples de la mort et de la résurrection du Seigneur. Ce temps liturgique vise à inspirer chacun pour qu’il puisse inventer sa suite propre du Christ, dans ce grand mouvement de la remémoration de l’invention de l’Eglise… Dimanche après dimanche, se dessine un chemin qui conduit de l’expérience vive de la rencontre du Ressuscité à l’intériorisation de cette expérience en vie chrétienne quotidienne, disponible aux frères, pour chacun de nous… Aujourd’hui des principes de discernement nous sont offerts pour notre cheminement propre en chacune de nos vies.

 

Dans ce passage de Saint Jean, le Christ nous dit comment se disposer intérieurement à la nouveauté qui vient à nous. La parole qu’il nous adresse se distingue des autres parce qu’elle ne nous violente pas. Elle donne d’aller et venir à notre gré, elle permet à la vie de bouillonner en nous. Il suffit de la recevoir et de la laisser s’unir à notre intime qu’elle se révèle capable d’épouser étroitement. Plusieurs images sont là, pour nous aider à entrer dans la disposition intérieure préalable à cet échange, à cette union : le pasteur, la porte… Ces images posent les bases concrètes d’un discernement, pour suivre le bon pasteur et rejeter ce qui n’est pas Lui, dans l’invention de sa vie, dans sa vocation.

 

« Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur ». Cette rencontre se révèle authentique parce qu’il n’y a aucune effraction, effet surprenant. Le Seigneur me parle simplement, naturellement, il ne force rien en moi. Sa parole est patiente, légitime, simple, douce… toute autre parole sera de fait rejeter parce que ne respectant pas ma nature, me sortant de moi-même, me perdant.

 

« Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix. » Le chemin proposé est un chemin mené en commun, l’un à côté de l’autre, l’un avec l’autre, peinant ensemble, mus par un objectif commun, reconnaissant la singularité de chacun. Ce qui fait le principe de l’avancée commune, c’est la voix, la parole avec sa dimension corporelle, incarnée, qui est là, présente, unissant le corps de ceux qui suivent… une autre parole se révélerait étrangère et à rejeter parce que ne cheminant pas avec moi, ne m’appelant pas par mon nom.

 

« Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. »  Dans cette reprise, le Seigneur indique combien la vie qui s’ouvre à nous en sa liberté est portée, autorisée par sa propre vie.  Une vie qu’il donne généreusement pour que la Vie véritable soit en nous.

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