C’est NOËL … mais que reste-t-il du christianisme ?

Publié le par Jardinier de Dieu

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Depuis le XX° siècle, Noël a été progressivement sécularisé, et aujourd’hui seuls les croyants gardent un peu de son caractère religieux. Noël est devenu une fête laïque, une simple fête familiale, et surtout une fête pour les enfants. Cette évolution corresponde à l’affaiblissement de la foi, mais aussi à une volonté politique, notamment le souci d’aménager les sensibilités des musulmans, comme, par exemple le remplacement des enseignes lumineuses "Joyeux Noël" par "Joyeuses Fêtes", plus neutres. Dans les rues on n’entend plus les chants de Noël chrétiens, remplacées par les mélodies traditionnelles comme "Jingle Bells".

La sécularisation de Noël est constatée avec satisfaction par les uns et avec tristesse et inquiétude par d’autres qui, indépendamment de la foi, regrettent l’abandon des traditions. Dans ce sens, il n’est pas faux de dire que s’il est vrai que les églises sont de moins en moins fréquentées, il serait exagéré de dire que l’Europe n’est plus chrétienne. Elle est laïque, mais elle conserve un héritage chrétien. La déchristianisation concerne la foi mais pas la culture. Si, en effet, la foi catholique décline, la culture européenne reste imprégnée par le christianisme, car deux millénaires de christianisme ne s’éradiquent pas si vite, malgré l’influence grandissante de l’islam.

Indépendamment de l’affaiblissement de la foi, le rejet du christianisme apparaît souvent comme non pas seulement celui d'une religion, mais aussi celui des fondements même d'une civilisation ; certes avec ses aléas, ses reculs, ses lenteurs, ses soubresauts... mais qui a construit un véritable humanisme universel.

Les grands mouvements révolutionnaires du passé en Europe avaient été inspirés dans leur contenu substantiel par le christianisme, alors même qu’ils se donnaient le plus souvent pour antichrétiens. Le christianisme déterminait non seulement leurs exigences morales, mais forgeait leurs concepts tels que liberté, égalité, fraternité… et laïcité ! Dans la genèse de chacune de ces valeurs le christianisme a joué un rôle déterminant, soit par lui-même soit par la fusion entre les conceptions chrétiennes et celles du monde gréco-romain.

Même la monnaie commune, pourtant dénommée euro, ne représente sur ses billets aucun personnage historique célèbre européen ni aucun élément du patrimoine artistique, architectural, spirituel, scientifique ou industriel. Bruxelles a honte de notre passé et s’acharne à laminer nos mémoires. Au début 2011, la suppression des fêtes chrétiennes dans un prétendu calendrier européen, a révélé ce honteux complot pour effacer nos racines. Au nom d’une Europe, on efface ce qu’elle fut, comment elle s’est édifiée et ce que sont ses véritables valeurs. Un lavage de cerveau à l’échelle d’un continent !

Mais l’Europe n’est pas déchristianisée au sens culturel. L’influence du christianisme est omniprésente, même si la connaissance ou reconnaissance de cette influence s’estompe et s’effiloche. Ce sont des convictions morales et spirituelles qui seules forgent une civilisation. L’islam l’a bien compris, ce qui explique sa force et sa réussite. Notre matérialisme antireligieux est un leurre, car l’on ne rattache pas les peuples à de banals et prosaïques projets de libre-circulation, de marché commun ou de démocratie ; on les rattache à des identités fortes, fortes parce qu’anciennes, fortes parce que transcendantes. L’Europe est de moins en moins croyante, certes, mais elle reste culturellement chrétienne.

Indépendamment de toute religion dogmatique, le sentiment de transcendance est inné dans l’être humain. La transcendance, exemplifiée visiblement dans le sentiment de l’émerveillement. L’émerveillement devant l’énigme de la vie ou devant le spectacle de la nature. L’émerveillement, devant la naissance des chatons, devant la nuit étoilée, ou devant la voix de la conscience en nous. L’émerveillement, qu’on voit souvent dans les visages des enfants, surtout à Noël, est sûrement une des plus belles émotions de l’être humain.

Joyeux Noël à tous !

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