Chrétiens, missionnaires

Publié le par jardinier de Dieu

Croire, a dit Jean-Paul II, c'est entrer "dans la triple mission du Christ". Or, certains "missionnaires (chrétiens, nous le sommes tous, selon la définition du saint-père) hésitent ou se refusent aujourd'hui à parler ouvertement de Jésus-Christ, par discrétion à l'égard de leurs interlocuteurs incroyants ou attachés à d'autres religions. Craignant d'être taxés de prosélytisme, voire de colonialisme religieux, ils récusent toute évangélisation, se font un devoir de ne rien annoncer à personne et entendent borner leur action à l' "échange" et au "partage" de leurs sentiments - sans préciser coment ils s'y prennent pour en exclure Jésus Christ.

Comme beaucoup de convertis, incapables de taire la nouvelle qui les a bouleversés, j'ai peine à comprendre cette forme d'apostolat muet. Est-elle dans la ligne de Vatican II ?

"Le mandat missionnaire, contenu dans les paroles du Christ lui-même, n'a qu'un sens : "Allez dans le monde entier, enseignez tous les peuples, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ... Apprenez-leur à observer tout ce que j'ai prescrit ... et voici, je suis avec vous jusqu'à la fin du monde".

"Vatican II s'est attelé à l'oeuvre de l'oecuménisme, c'est-à-dire de l'unité de tous les chrétiens. Il a dit aussi son respect et son estime pour les religions non chrétiennes, prenant surtout en considération le judaïsme et l'Islam. En outre, le concile s'est largement exprimé sur la liberté religieuse

"Et tout cela ne contredit en rien le fait que le même concile a confirmé l'action missionnaire de l'Eglise dans le décret Ad gentes [Aux nations]. De plus, dans son document Lumen Gentium, il a mis en évidence que l'Eglise, de sa nature, est missionnaire. Ce rôle missionnaire de l'Eglise vient en droite ligne u mystère du Père qui s'est rendu procche et S'est révélé à nou en envoyant Son Fils. Quittant cette terre après avoir accompli sa mission, le Christ est resté parmi les siens, resté dans l'Eglise par l'Esprit Saint envoyé en son nom par le Père, selon sa parole de la veille de la Passion. C'est ainsi que le mandat missionnaire confié aux apôtres est lié à la plus profonde raison d'être de l'Eglise. Depuis le début l'Eglise est missionnaire, et elle ne cessera jamais d'être

"Vatican II a encore accentué ce caractère dans son appel à l'engagement oecuménique en vue de l'unité des chrétiens, ainsi que par la mise en relief de tous les éléments de vérité, de toutes les valeurs authentiques que l'on trouve dans les religions non chrétiennes. En ce qui concerne l'unité des chrétiens, nous sommes dans le cercle des confesseurs et des disciples du même Christ qui, dans son oraison sacerdotale, a prié le Père pour que tous les disciples soient "Un". La recherche constante et humble des chemins vers cette unité répond sûrement à la vocation missionnaire de l'Eglise, si l'on se rappelle que cette même prière se termine sur ces mots : Afin que le monde croie que c'est Toi qui m'as envoyé"

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Le Christ formule également le mandat missionnaire de l'Eglise dans un autre texte, où il est dit : "Vous serez mes témoins à Jérusalem et en Samarie, et jusqu'aux confins de la terre. "Dégageons la relation réciproque de ces deux passages : enseignez et baptisant .. " et "Vous serez mes témoins ...", relation fondamentale pour un authentique dynamisme missionnaire. Même si tous les chrétiens ne sont pas appelés à "enseigner et baptiser", tous, selon leur vocation propre, doivent être "témoins" à la mesure du don reçu du Seigneur. Ce peut-être un témoignage sans paroles - qui parlera par la sainteté et l'authenticité d'une vie conforme à l'esprit évangélique ....

 

André FOSSARD dialogue avec Jean-Paul II "N'ayez pas peur !", 1982.

Ed.Robert Laffont, Paris, p.p.109-110 & 112.

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