Lc 7,36-50.8,1-3. Ta foi t'a sauvée, va en paix

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

(11e dimanche du temps ordinaire, C, 2013)

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,36-50.8,1-3. 

En ce temps-là, un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.
Survint une femme de la ville, une pécheresse. Ayant appris que Jésus était attablé dans la maison du pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum.
Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum.
En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et cequ’elle est : une pécheresse. »
Jésus, prenant la parole, lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. »
Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante.
Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait les lui rembourser, il en fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’aimera davantage ? »
Simon répondit : « Je suppose que c’est celui à qui on a fait grâce de la plus grande dette. – Tu as raison », lui dit Jésus.
Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.
Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds.
Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds.
Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »
Il dit alors à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »
Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? »
Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »
Ensuite, il arriva que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient,
ainsi que des femmes qui avaient été guéries de maladies et d’esprits mauvais : Marie, appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons,
Jeanne, femme de Kouza, intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les servaient en prenant sur leurs ressources.

***

Vivre. Comment vivre vraiment ? Une aspiration en chacun de nous, parfois tapie au plus profond, enfouie, endormie… Dans ce passage d’Evangile, il nous est donné de contempler une vivante. Le vivant se caractérise par un geste, un simple geste : celui d’aller vers l’autre, celui de l’ouverture, celui de l’accueil qui se livre à l’autre, tels que sont les deux protagonistes, en vérité et en vulnérabilité, dans une perspective de reconnaissance…

Dans la comparaison faite par Jésus entre Simon et la femme, nous apprenons que les pieds de Jésus, cette partie oh combien vulnérable de son être, sont mouillés des larmes, essuyés des cheveux, embrassés des lèvres, oints de parfum par les mains de la femme… Ainsi la femme reçoit Jésus en s’offrant à lui par ses yeux, ses cheveux, ses lèvres, ses mains… tout en considérant Jésus, le reconnaissant en sa propre vulnérabilité… Une rencontre peut alors s’opérer entre les deux, un échange également : l’amour de l’un et le pardon de l’autre. L’enfermement dans l’être propre de chacun est vaincu, la foi sauve. La vie se diffuse, s’accroît…

A vrai dire, Jésus aborde  tout le monde ouvert à la rencontre, autant que la personne y est disposée. Il en est bien ainsi pour Simon, chez qui Jésus accepte d’aller, pour y manger, y parler, échanger… Jésus fait de même pour chacun de nous. Les seules limites de la rencontre seront posées par nous. Jésus est ouverture, ouverture à chacun… Il est Le Vivant. Découvrons le, allons à Lui en toute confiance, comme nous sommes.

Père Jean-Luc Fabre