Dieu est-il équitable ?

Publié le par ULTD & ltd

quynh-huong6.jpgDieu est souvent accusé d'être injuste en accordant aux uns plus qu'aux autres. En effet, si nous jugeons Dieu avec nos critères humains, en pensant que ceux qui ont le plus sont les plus heureux, cette accusation s'avère pertinente. Cependant, si nous savons que le vrai bonheur est de ressembler à Dieu, notre Père, les plus heureux doivent être ceux qui ont le plus de traits communs avec Lui. D'abord, Dieu est Amour, or le propre de l'amour est de donner sans mesure, sans réserve, sans partialité, Dieu se désapproprie donc pour pouvoir tout donner, y compris Sa vie, et ce, à tous les humains, sans exception aucune. C'est ainsi qu'Il devient Pauvreté, puisqu'Il n'a plus rien. N'ayant plus rien, Il devient Liberté et rien ne peut plus Le retenir dans Son amour. Son cœur devient un espace illimité pouvant recevoir tous Ses enfants que nous sommes avec tout ce que nous traînons avec nous, même nos péchés. Sa Miséricorde est donc infinie et Son Pardon sans limites.

Si le bonheur consiste à se désapproprier, ceux qui ont le moins doivent être les plus favorisés; car ayant peu ou rien, il est plus facile pour eux de le faire. Nous comprenons ainsi pourquoi Jésus proclame bienheureux les pauvres et malheureux les riches. En effet, malheureux sont ceux qui ont plus de moyens que les autres, que ce soit matériels, spirituels, intellectuels ou professionnels, etc., et qui ne les gardent que pour eux ou les mettent uniquement à leur profit. Il en est de même pour ceux qui souffrent de ne pas avoir de ces moyens et envient les autres qui en ont. Mais heureux sont ceux qui partagent ces moyens en les considérant comme des biens communs dont la gérance leur est confiée. Tout comme ceux qui acceptent avec joie leur pauvreté et reçoivent sans complexe les moyens que leur partagent les autres. C'est bien ainsi que l'amour peut circuler pour répandre le bonheur à tous, sans condition ni distinction aucune. Il dépend donc de chacun de nous d'entraver ou non cet amour par tout ce que nous voulons nous approprier et, par conséquent, de nous priver du bonheur.

Ainsi, s'il suffit de se désapproprier pour être heureux, qui peut se plaindre qu'il ne lui est pas donné de moyen pour accéder au bonheur, puisque le moyen en est justement de n'en avoir aucun, de ne rien avoir? Le bonheur est donc à la portée de tous. Il est question seulement de ne rien garder pour soi, de défoncer toutes les limites en nous pour faire de la place à l'Illimité qui peut ainsi entrer en nous, et aussi à nos frères et sœurs qu'il nous est maintenant possible d'accueillir. C'est ainsi que nous connaîtrons le bonheur, quel que soit notre état: jeune ou vieux, riche ou pauvre, fort ou faible, instruit ou illettré, etc. En fin de compte, pour être heureux, il s'agit pour nous de retrouver notre état initial lors de notre venue au monde, avec comme bagage la même effigie de Dieu en nous, mais qu'au fil du temps nous avons laissé estomper, chacun à notre manière. Peut-on encore dire que Dieu n'est pas équitable?