Lc 11, 28 écouter la Parole de Dieu

Publié le par Jardinier de Dieu

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« Heureux plutôt ceux qui l’entendent la Parole de Dieu, et qui la gardent! » (Luc 11,28)

Marie est « l’archétype de l’Eglise, parce qu’elle est originellement les deux choses en même temps : lieu de l’habitation réelle et corporelle du Verbe jusqu’à l’intimité de l’unique chair de la mère et de l’enfant, mais ceci à partir de la condition spirituelle de servante de toute sa personne corporelle et psychique, qui ne connaît aucune loi propre, sinon la conformité à la parole de Dieu. Parce qu’elle est vierge, c’est-à-dire auditrice exclusive de la Parole, elle devient mère, lieu de l’incarnation du Verbe. Son sein n’est bienheureux que parce qu’elle a « entendu et  gardé la Parole de Dieu », parce qu’elle a « conservé et médité toutes les paroles dans son cœur »

Toute contemplation doit toujours prendre Marie comme modèle, pour se prémunir du double danger : considérer la Parole seulement comme quelque chose d’extérieur, au lieu de la considérer comme le profond mystère au centre de nous-mêmes, comme ce en quoi « nous vivons, nous nous mouvons et nous sommes » ; et considérer la Parole comme une Parole si intérieure que nous la confondons finalement avec notre propre être, avec une sagesse disponible à notre gré et nous ayant  été naturellement donnée en partage une fois pour toutes …

 

L’être qui écoute, absolument parlant, est la vierge qui devient enceinte du Verbe et l’engendre comme son fils et comme le Fils du Père. Mais, bien qu’elle soit mère, elle reste servante ; le Père seul est le Maître, avec le Fils qui est la vie de Marie et modèle de cette vie. Marie est fonction du fruit de son sein. Même après l’avoir engendré, elle le porte en elle ; elle n’a qu’à regarder dans son cœur qui est plein de lui, pour le trouver.

 

 

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Hans Urs von Balthasar in Parole de Dieu, langage des hommes, tome 2,recueil des textes non bibliques,

Éliane Guignard,Philippe de Lignerolles, 1996. Les éditions de l’Atelier/Editions ouvrières, Paris, p.408.