En toi, ils ont espéré ...

Publié le par père Jean-Luc

Espoir-INPI.jpg

 

Plus qu’un mythe, la croyance en l’inéluctabilité du progrès est une idole. Le progrès immanent à l’histoire, garanti par le savoir, est le dieu Baal d’aujourd’hui. Les plus absurdes espoirs nous persuaderaient de nous sacrifier à cette idole. Or, l’espérance chrétienne exclut de façon radicale toute révérence personnelle à quelque idolâtrie. L’espérance me fait entrer en résistance à cause de ma foi. Parce que Dieu s’est fait homme, l’espérance exclut que je me désintéresse de ce monde ci dans lequel Dieu est venu et en lequel Il demeure. Car, pour parler de manière johannique, l’opposition entre le « monde » et Dieu reste du fait du monde, radicale ; je ne puis qu’entrer en conflit avec les grandes illusions dont ce monde est possédé. Loin de m’éloigner du monde, l’espérance qui m’est donnée en Dieu, me permet de porter sur le monde un regard sans faux-fuyant. Par sa puissance iconoclaste, l’espérance va bien au-delà de l’esprit d’examen hérité des philosophies : elle ne croit pas que « les choses finiront par s’arranger ». un temps viendra dans lequel « il n’y aura plus de malédiction » (Ap 22,3), mais par grâce de Dieu et non par suite nécessaire du vouloir humain. Ne plus vivre cette distinction entre la grâce et la seule action humaine conduit à confondre espoir et espérance. Or, l’espoir ne vient que de l’homme, il reste illusion : l’espérance écrivait Jacques Ellul « c’est la relation avec Dieu, de l’homme libéré par Dieu ».[Jacques Ellul l’espérance oubliée Gallimard 1972 p. 229]

 

 

 

Jean-Marie Gobert

Les philosophes ont-ils oublié l’espérance ?

Christus Espérer la confiance à l’épreuve p. 164

n°206 Avril 2005

photo http://s4.e-monsite.com/2011/06/28/09/resize_1000_1000//Espoir-INPI.jpg

Publié dans A lire