Ep 5, 21-32 Entrer dans l'attitude vraie envers son frère ...

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

2ème lecture de la messe du dimanche 23 août 2015 (21ème dimanche du temps ordinaire)

Entrer dans l’attitude vraie envers son frère, lui être soumis comme lui-même l’est envers moi…

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Commentaire de la Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 5,21-32.

Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres… Paul énonce un principe, celui de la soumission des uns aux autres dans la communauté des croyants, une soumission réciproque, l’un se soumet à l’autre qui se soumet à lui en retour. Essayons de comprendre cette demande en nous attachant aux expressions mêmes de Paul, le mot est chargé de bien des images négatives pour nous. Cette soumission se vit par respect du Christ. Cette soumission réciproque se révèle être une modalité de l’expression de l’amour réciproque où chacun devient l’obligé véritable de l’autre. Je redonne ce que je reçois et le fait ainsi fructifier aussi bien pour l’autre que pour moi… Comprendre et vivre en vérité cette attitude de chacun envers l’autre, cela demande de la situer dans un cadre plus large, en lien avec ce qui se passe entre le Christ et l’Eglise, ce que le Christ a fait et fait pour l’Eglise, ce que l’Eglise a fait et fait envers le Christ pour le recevoir, lui et sa force de salut…

Si l'Église se soumet au Christ, qu'il en soit toujours de même pour… La manière de faire personnelle reçoit là une perspective, une orientation, un modèle. Ce que nous avons à faire les uns envers les autres, est inspiré par ce qui se vit au niveau de l’Eglise envers le Christ, une soumission, une remise de soi à l’action de l’autre, une déférence, une confiance, une autorisation… Notons bien que cela est une action positive de la part de l’Eglise : elle se soumet, elle n’est pas soumise… c’est d’elle-même qu’elle met en œuvre cette attitude, qui lui permet de recevoir ce que le Christ veut lui donner. Par là, elle permet que du neuf advienne entre Lui et elle… Elle ne cherche pas son chemin propre, mais avec Lui elle marche… Dès lors, toute vie à plusieurs libertés demande cette soumission première, cette acceptation radicale de l’autre, ce respect de l’autre pour entrer dans un nouveau chemin commun…

C'est comme cela que le mari doit aimer sa femme… Paul énonce aussi ce que cela va impliquer concrètement dans les situations humaines qui sont les nôtres, et notamment, la situation la plus commune, celle de la relation entre la femme et l’homme dans le mariage. Nous ne pouvons pas vivre cette soumission en-dehors du cadre préexistant de nos vies (cadre social, naturel…). Mais cette soumission réciproque est la base d’une créativité nouvelle : sous le regard bienveillant du Christ, considérer à ce point l’autre, faire à ce point corps avec lui, s’ouvrir à lui à ce point, lui donne de s’inventer lui-même dans ce nouvel environnement, de laisser surgir en lui l’enfant de Dieu qu’il est. Il renaît. Il ne cherche plus à exister par lui-même mais il vit avec moi, et il me redonne alors aussi cette possibilité… A deux, dans le champ de l’Eglise et du Christ, nous devenons.




Frères, par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ; car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l'Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps. Eh bien ! Si l'Église se soumet au Christ, qu'il en soit toujours de même pour les femmes à l'égard de leur mari. Vous, les hommes, aimez votre femme à l'exemple du Christ : il a aimé l'Église, il s'est livré pour elle ; il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie ; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut ; il la voulait sainte et irréprochable. C'est comme cela que le mari doit aimer sa femme : comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime soi-même. Jamais personne n'a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C'est ce que fait le Christ pour l'Église, parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l'Écriture : A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l'Église.

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