Jn 2,1-11 Miracle de Cana

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Marie assiste Jésus, un modèle pour notre propre action envers nos frères.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 2,1-11.

En ce temps là, Il y a eu un mariage à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au repas de noces avec ses disciples. Or, on manqua de vin ; la mère de Jésus lui dit : « Ils n'ont pas de vin. »  Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas encore venue. » Sa mère dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu'il vous dira. » Or, il y avait là six cuves de pierre pour les ablutions rituelles des Juifs ; chacune contenait environ cent litres. Jésus dit aux serviteurs : « Remplissez d'eau les cuves. » Et ils les remplirent jusqu'au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Le maître du repas goûta l'eau changée en vin. Il ne savait pas d'où venait ce vin, mais les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé l'eau. Alors le maître du repas interpelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier, et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant. » Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C'était à Cana en Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

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Une scène de commencement, une scène d’initiation, la personne centrale car médiatrice est bien Marie, elle établit la relation entre la situation et son fils, mobilise le réseau des acteurs, puis s’efface dans la contemplation de Celui qui se met à exister… Dans cette démarche, Marie visite les trois sens du verbe « assister » : elle se substitue, elle contribue, elle est présente… elle est pour nous un modèle.
 
« Ils n’ont pas de vin ». Elle se substitue, elle perçoit le problème qui surgit, elle saisit que c’est pour Jésus l’occasion d’entrer dans sa vie publique en posant un signe, elle dit simplement la situation à son Fils.
 
« Faites tout ce qu'il vous dira ». Sa contribution est si forte qu’elle force pratiquement la main à son fils en ouvrant le jeu des acteurs, en appelant les serviteurs, en contribuant à l’action…
 
« La mère de Jésus était là ». Mais, ensuite, elle se retire, il n’est plus parlé d’elle, l’action est enclenchée, il n’y a plus rien à faire pour elle, si ce n’est d’être présente, de contempler ce qui se réalise, de se laisser toucher par ce qui surgit, de recevoir la gloire qui se manifeste…
Ces diverses manières de faire nous indiquent combien le Seigneur Jésus a épousé notre humanité, est devenu un de nous. Il a, comme nous, besoin d’être aidé en ses premiers pas publics, il a besoin de modèle avec Jean, il a besoin de l’impulsion de sa mère pour se lancer… Cela autorise toutes les actions d’aide, toutes les modalités d’assistance. Si Jésus a ainsi besoin, il en est de même pour les autres…
Nous pouvons présupposer aussi que l’aide de Marie a été vécue dans le plein respect de la liberté de Jésus. Cette scène peut devenir modèle pour notre propre manière d’agir.
 
Cela indique jusqu’où nous pouvons aller… Pratiquement, jusqu’à la substitution, si cela ne devient pas un état définitif mais le moment d’une incitation dans la perspective de la croissance de l’autre, de son autonomie, de sa libre expression, de sa mission. Cela peut comporter également des moments importants de contribution. Cela doit aussi inclure des moments de présence, contemplative…
 
C’est l’équilibre de ces différents moments qui nous confirme dans l’assistance juste. Comme souvent dans nos vies, l’attitude juste réside plus dans la souplesse et la mobilité que dans un positionnement strict et figé. Faire ainsi, revient à donner pleine possibilité à l’action de l’Esprit, lui donner la possibilité d’agir, d’initier, de corriger, d’ajuster. Dans le rythme, la différence… L’assistant assiste et pour cela doit faire encore plus preuve de légèreté dans son action, tout en demeurant capable de s’engager à fond, comme le fera Marie lors de la Passion de son Fils…
 
A chacun de nous de savoir demeurer référé à la Parole du Seigneur, l’action de Marie tout au long de sa vie, de son existence est sous cette déclaration « Je suis la servante du Seigneur »…

père Jean-Luc Fabre
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