Mt 5, 1-12a Toussaint : laissons-nous toucher par celui qui nous parle plus presque que par ce qu’il nous dit…

Publié le par Père Jean-Luc FABRE

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,1-12.

En ce temps là, voyant la foule, Jésus gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur car le Royaume des cieux est à eux ! Heureux les doux car ils obtiendront la terre promise ! Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés ! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice car ils seront rassasiés ! Heureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde ! Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu ! Heureux les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu ! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice car le Royaume des cieux est à eux ! Heureux êtes-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux !

- Acclamons la Parole de Dieu

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Chaque fois que la communauté croyante se rassemble pour la messe, nous entendons, nous recevons la Parole de Dieu, tout spécialement l’Evangile qui est lu par l’Evêque, le prêtre ou le diacre. A chaque fois, un aspect de cette parole est là, pour nous rejoindre dans notre quotidien, nous réveiller, nous donner d’avancer dans notre vie, dans notre recherche, nous aider à faire un lien entre Dieu et notre propre existence…  

Aujourd’hui, où nous fêtons la Fête de Tous les Saints, nombreuses sont là, je suppose, des personnes qui ne viennent pas souvent à l’Eglise, alors soyez du fond du cœur les bienvenues… Cette situation de personnes qui viennent à l’occasion rejoint celle racontée par l’Evangile que je viens de lire… elle peut nous aider tous et chacun à mieux comprendre, à mieux recevoir la bonne nouvelle…  

Pour redécouvrir ce qu’est la bonne nouvelle à partir de quoi nous croyons, et chacun de nous, qui que nous soyons, nous avons à le faire, car la foi est vivante, changeante, en devenir et nous avons à revenir à son origine, c’est l’aide de l’Eglise pour chacun de nous au cours des siècles : revenir au cœur de la Bonne Nouvelle… Pour redécouvrir ce qu’est la bonne nouvelle, cette scène d’évangile est riche. Car elle se trouve presqu’au début de l’Evangile… Déjà des personnes sont attirées par la personnalité de Jésus, par ce qu’il fait, ce qu’il dit, elles le suivent comme ça, un peu de loin, la foule. Il y a aussi des disciples qui suivent déjà d’un peu plus près. A ce moment du récit évangélique, un pas se franchit. Jésus va leur parler à tous, dans un premier discours, celui du sermon sur la Montagne, et, évidemment, il va leur dire ce qui compte le plus à son cœur… Recevoir ce que Jésus dit à ce moment, c’est bien recevoir le cœur de son message, le cœur de sa promesse, ce qui l’amènera au bout du compte à donner sa vie…  

Il faut noter que Jésus met les formes pour parler, il met en scène ce discours inaugural, il voit la foule, alors il monte sur la montagne, et certains le suivent, ses disciples. Alors il s’assoie et il ouvre la bouche… et puis il leur parle… Cela veut dire que Jésus s’est vraiment et totalement engagé dans ce qu’il disait envers ceux qui se sont mis à l’écouter. Sur le plan humain, il s’est engagé dans sa parole comme aucune autre personne ne s’était engagée avant et après lui… Il fait ce qu’il dit, il dit ce qu’il fait. De sa manière de vivre, d’être peut naître en son auditeur la confiance.  Ce qu’il indique comme chemin est un chemin vérifiable par ce qu’il vivra… les personnes qui écrivent l’évangile l’écrivent après sa mort et sa résurrection. En chacune de nos vies, nous n’avons pas beaucoup l’expérience de personnes qui nous parlent comme Jésus s’adresse à la foule et aux disciples…  

Le premier mot que Jésus prononce est le mot « heureux », et il le prononcera encore huit fois… Il est le refrain de son tout premier enseignement… Comprenons ce mot ! Recevons-le… Il nous dit que la vie est ouverture, que nous pouvons la façonner par la manière que nous avons de nous situer par rapport à ce qui nous arrive, que la manière dont nous ferons nos choix en relation avec lui nous conduira au bonheur… que nous sommes appelés, que nous ne sommes pas seuls, que notre liberté aussi minime soit-elle compte et qu’elle est précieuse… que nous avons de la chance si nous nous orientons vers ces attitudes car elles sont porteuses de vie pour nous et pour les autres… que les difficultés, les épreuves auxquelles nous sommes confrontées n’ont pas le dernier mot, que si nous gardons notre lumière allumée la nuit sera traversée… qu’un Bonté nous portera, et cette Bonté Jésus nous la découvrira peu à peu, c’est celle de celui qu’il appelait « Abba », son Père, notre Père… cette bonté qui le portera, cette bonté qui nous porte aussi…  

Jésus dessine ainsi sa propre existence, il est celui qui a été pauvre, qui a été doux, qui a pleuré, qui a eu faim et soif de la justice, qui a manifesté un cœur pur, qui a recherché la paix, qui a été persécuté… Il a vécu selon ce qu’il a annoncé. C’est donc que Jésus, dans ce discours, ce sermon sur la Montagne, nous invite à Le suivre sur ce chemin, son chemin, les saints l’ont vécu ainsi, ils se sont laissés captiver par la figure du Christ, ils ont voulu imiter sa vie parce qu’ils ont aimé le Christ, beaucoup de personnes l’ont aussi fait de manière moins extraordinaire mais non moins réelle… Cette invitation elle est faite à chacun de nous aujourd’hui… devenons des saints, marchons à sa suite… laissons-nous toucher par celui qui nous parle plus presque que par ce qu’il nous dit…

père Jean-Luc Fabre
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