Ga 1, 11-19 L'Evangile de Paul n'est pas une invention humaine

Publié le par père Jean-Luc Fabre

2e lecture du 10e dimanche du temps ordinaire, C

Tout est là, il s’agit d’être et non de faire !

Dans ce passage de la lettre aux Galates, Paul se situe, dit ce qui lui a donné l’autorité pour être apôtre, pour annoncer l’Evangile, lui aussi. Il le dit dans une formule qu’il va ensuite expliciter : « mon Évangile vient d'une révélation de Jésus » Avec ce témoignage, nous pouvons gagner une plus grande compréhension de nous-mêmes, de notre manière de nous situer dans la vie. Paul, en effet, distingue deux dimensions en lui, une qui est celle du faire, de l’activité et une autre celle de l’être, qui a à voir avec la dimension de l’appel dans la connaissance donnée du Christ Jésus.

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Distinguer ces deux dimensions est essentiel pour notre manière de vivre. Soit nous vivons selon le faire, l’activité, soit nous vivons selon l’être, ce qui présuppose une réponse à un appel, une communication profonde avec le Seigneur qui m’adresse une parole, me donne aussi une révélation de lui-même. Appel, parole, révélation qui m’adviennent font surgir en moi, réveille en moi, une nouvelle dimension de mon être propre, encourage et oriente, par la suite, une action marquée par cette nouvelle identité reçue, une action d’attestation de ce qui m’a été donné, donné pour moi et pour les autres.

Ce que Paul a vécu, ce qu’il nous partage, chacun de nous d’une certaine manière nous le vivons. La Parole de Dieu rejoint chacun d’une manière unique, suscite en lui une parole neuve et originale. Cette parole naissante s’adresse alors à d’autres, pour que la Bonne nouvelle se propage dans le corps de l’humanité. Cette parole personnelle s’authentifie comme parole venant du Seigneur parce qu’à son rythme elle rencontre ou se laisse rencontrer par d’autres paroles et notamment par les paroles apostoliques, la parole d’Apôtres qui ont vécu la même évolution spirituelle.

Un chemin nouveau, vraiment nouveau, qui ne peut être prévu, s’annonce. Voilà la bonne nouvelle pour chacun, laisser la parole de Dieu, sa révélation nous rejoindre au plus profond de nous-mêmes, laisser cette parole travailler en nous pour qu’une parole propre naisse, donner à cette parole de se confronter, de se laisser reconnaître et de surgir ensuite dans le monde, la société pour que la gloire de Dieu se manifeste, pour que le monde passe en Dieu, que le Royaume surgisse…

Ce travail extérieur de manifestation se double du travail intérieur qui consiste à laisser cette parole habitait son être, qui demande de laisser tomber une représentation de notre identité qui se prend de ce que nous faisons, pour laisser cette autre dimension habiter la compréhension de nous-mêmes. Je suis plus moi-même comme témoin de cette parole que comme celui qui met en œuvre une idée que je me suis forgé de moi-même. C’est ce travail intérieur qui me donne d’aider à libérer l’autre des pièges de son propre enfermement dans son faire… Oui Paul dit juste lorsqu’il nous dit : « Frères, il faut que vous le sachiez, l'Évangile que je proclame n'est pas une invention humaine ».

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Galates 1, 11-19 Frères, je tiens à ce que vous le sachiez, l’Évangile que j’ai proclamé n’est pas une invention humaine. Ce n’est pas non plus d’un homme que je l’ai reçu ou appris, mais par révélation de Jésus Christ. Vous avez entendu parler du comportement que j’avais autrefois dans le judaïsme : je menais une persécution effrénée contre l’Église de Dieu, et je cherchais à la détruire. J’allais plus loin dans le judaïsme que la plupart de mes frères de race qui avaient mon âge, et, plus que les autres, je défendais avec une ardeur jalouse les traditions de mes pères. Mais Dieu m’avait mis à part dès le sein de ma mère ; dans sa grâce, il m’a appelé ; et il a trouvé bon de révéler en moi son Fils, pour que je l’annonce parmi les nations païennes. Aussitôt, sans prendre l'avis de personne, sans même monter à Jérusalem pour y rencontrer ceux qui étaient Apôtres avant moi, je suis parti pour l’Arabie et, de là, je suis retourné à Damas. Puis, trois ans après, je suis monté à Jérusalem pour faire la connaissance de Pierre, et je suis resté quinze jours auprès de lui. Je n’ai vu aucun des autres Apôtres sauf Jacques, le frère du Seigneur.

Père Jean-Luc Fabre

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