Hébreux 2, 9-11 2ème lecture du 27ème dimanche du temps ordinaire B

Publié le par père Jean-Luc Fabre

04 octobre 2015

Couronné de gloire et d'honneur à cause de sa Passion et de sa mort

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Nous sommes avec ce passage de l’épitre aux Hébreux au cœur de notre foi. Nous croyons que notre salut vient du Christ, de sa mort et de sa résurrection. Mais la foi qui naît, comme tout ce qui naît, cherche à prendre racine, cherche à comprendre ce qu’elle exprime, car elle cherche à mieux connaître, à mieux aimer, à mieux vivre en fidélité. Cela peut la conduire très loin… Ce que nous vivons nous-mêmes en nos vies par la participation régulière à la liturgie dominicale notamment, les premières générations chrétiennes l’ont vécu et, d’une certaine manière, à la puissance 1000 puisqu’ils n’avaient personne sur qui s’appuyer, si ce n’est le souffle de l’Esprit Saint, la nécessité de témoigner aux autres hommes, la vie fraternelle entre eux…

Pour bien lire ce passage des Hébreux, il nous faut d’abord accepter de le lire, comme tous les passages de l’Ecriture, comme toute expression chrétienne, comme toute parole humaine sincère avec une attitude de bienveillance. Un frère, une sœur se sont exprimés, ont essayé d’apporter une lumière à partir d’une vie vécue pleinement, ouverte au grand vent des situations, de toutes les situations. A moi de la recevoir, d’en être éclairé, et de chercher à avancer moi-même. C’est bien ce que nous présupposons de nos propres lecteurs, et c’est ainsi que nous cherchons à nous adresser à eux.

Nous avons donc à comprendre les mots employés, le sens qu’ils portent… En effet, les mots se lient entre eux et par là donnent un sens, un mouvement, une compréhension. Dans ce passage beaucoup d’êtres sont mis en relation les uns avec les autres : Jésus, les anges, Dieu, tous [les hommes]. Et ce « tous » reçoit lui aussi divers titres, ou valences : en « salut », « fils » en « multitude », « hommes », « frères », « race »… Nous voyons bien par là qu’il y a des transformations importantes qui s’opèrent. L’abaissement de l’un conduit à la gloire, les autres. Cet abaissement est une perfection… perfection qui lui donne de pouvoir sanctifier les autres…

Ce qui donne que tout bascule, c’est la perfection acquise par Jésus. L’épitre déclare qu’elle est acquise par la souffrance. Ce mot apparaît ailleurs, relié à d’autres mots. Ainsi un peu plus loin dans l’épitre nous lisons Le Christ, pendant les jours de sa vie mortelle, a présenté avec un grand cri et dans les larmes sa prière et sa supplication, à Dieu qui pouvait le sauver de la mort; et, parce qu’il s’est soumis en tout, il a été exaucé. Bien qu’il soit le Fils, il a pourtant appris l’obéissance par les souffrances de sa passion; et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent, la cause du salut éternel He 5, 7-9. Une signification s’ouvre par là.

Ce mot, pour bien le comprendre, toutefois, nous avons aussi à le recevoir dans notre propre humanité. La souffrance fait partie de l’expérience humaine, il n’y a aucun dolorisme, ou masochisme à le dire. A travers sa traversée, nous nous déterminons vraiment, nous nous intériorisons, nous devenons sujet, nous découvrons cette partie sacrée en nous qui résiste à tout, cette singularité toujours libre, cette filiation au Père. Une véritable parole en sourd qui ne sera pas que technique ou extérieur ou héroïque ou mondaine mais humaine, simplement et pauvrement humaine, fraternelle. Elle sera une parole qui aura su dire « oui » et « non », « oui » à la vie, « non » à l’absurde. La parole qui devient ainsi « amen » acquiert force de conviction, transforme l’être, lui donne de communiquer vraiment aux autres. Le Christ Jésus l’a vécu jusqu’au bout, il porte notre propre chemin d’humanisation, en ce point même… (père Jean-Luc Fabre)

He 2, 9-11

Frères,  Jésus, qui a été abaissé un peu au-dessous des anges, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de sa Passion et de sa mort. Si donc il a fait l’expérience de la mort, c’est, par grâce de Dieu, au profit de tous.  Celui pour qui et par qui tout existe voulait conduire une multitude de fils jusqu’à la gloire ; c’est pourquoi il convenait qu’il mène à sa perfection, par des souffrances, celui qui est à l’origine de leur salut. Car celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés doivent tous avoir même origine ; pour cette raison, Jésus n’a pas honte de les appeler ses frères

 – Parole du Seigneur.

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