Intention missionnaire de prière du Pape, juillet 2012

Publié le par Jardinier de Dieu

Pour que les volontaires chrétiens, présents dans les territoires de mission, sachent témoigner de la charité du Christ.

Témoignage d’un Jeune du Service de Volontariat International (JVI)

oasis-plein-desert-471200.jpg« Volontaire jésuite à Tacna, dans le désert sud-péruvien, dans un centre éducatif accueillant des enfants en situation de risque », voilà en très rapide ce que je suis maintenant. Que signifie cela ? Qui suis-je ? Quel est mon travail ? Quelles sont mes difficultés et mes joies ? En quoi, je me sens grandir dans cet environnement ? Tant de questions sur lesquelles je n’ai pas encore beaucoup de réponses ; tant de questions qui peuvent paraitre très abstraites lorsque l’on ne se donne pas le temps d’y réfléchir, le temps de pouvoir faire une pause, une halte d’une grande importance dans une expérience de déracinement, d’exil ; dans une expérience qui me demande une telle confiance en Dieu qu’elle remet en cause ma foi et mon histoire ; une expérience qui remet en cause mes choix passés et ceux de demain.

Nous voilà au début de l’année scolaire au Pérou et après quelques changements dans mes fonctions au fur et à mesure des découvertes, de la culture, des enfants, du centre, de la communauté jésuite, je suis actuellement :

  • Coordinateur du foyer « La Casita » accueillant une douzaine d’enfants du centre Cristo Rey, en internat du lundi au samedi.
  • Responsable du département de psychopédagogie du centre Cristo Rey del Niño y Adolescente accueillant entre 150 et 200 enfants à la journée (soutient scolaire, centre d’éducation basique alternative, réfectoire, soin de santé, aide juridique, catéchisme, et autres activité). Ma fonction m’amène à réaliser un suivi éducatif d’un certain nombre d’enfants présentant de grandes difficultés scolaire, social, familiale ou éducative.
  • Catéchiste pour les enfants du secondaire.
  •  Responsable des réserves générales du centre (nourritures et matériel d’entretien)
  • Ainsi que collaborateur pouvant suppléer à quelconque absence de professeurs.

Je rentre plus ou moins dans la deuxième année de mon volontariat, étant arrivé en mai 2010, les vacances scolaires en février ont été l’occasion de me reposer et de faire un bilan sur cette première année. Avec l’aide, en plus d’un voyage touristique et de la présence d’une amie française, d’une semaine de retraite spirituelle d’exercices ignaciens.

Lors de mon départ en mai 2010, en plus de la boule au ventre à l’aéroport, j’étais nourrit d’une grande excitation, l’ivresse de l’inconnu, ce sentiment qui donne le courage de quitter un passé connu pour un futur totalement fantasmé et idéalisé. Mon arrivé sur le continent sud-américain, remplit d’une force et d’une foi dans ce qui allait suivre.[…] Ma première année est donc remplie de l’alternance entre joie et confiance et tristesse et désespoir. […]

Non, tout n’est pas devenu plus simple ou plus rose, je ne parle toujours pas un espagnol exceptionnel, je suis toujours en manque de soirées tranquilles avec famille et amis, le climat breton me parait de plus en plus un lointain souvenir, le désert reste poussiéreux et rempli de chiens errants, les difficultés d’une partie de la population péruvienne restent toujours très préoccupantes et difficilement surmontables, les enfants abandonnés restent abandonnés, l’échec scolaire est aussi violent qu’hier, l’organisation du pays me parait toujours aussi bancale, les jeunes doivent toujours travailler dur pour s’extraire de la promesse d’un avenir difficile ; mais il est une chose qui a changé, une grâce donnée par Dieu pour se donner avec plus de foi et d’espérance, avec toujours plus d’admiration et de louange : mon regard. Et ce nouveau regard me permet d’être toujours hilare de voir le petit Dannex (7ans) essayer de m’arnaquer avec le rangement de sa chambre, épuisé mais heureux de terminer une partie de foot endiablée où nous avions misé le lavage de notre vaisselle, préoccupé par la situation de José qui, avec ses difficultés familiales, pense que tout conflit se règle dans la violence, émerveillé d’écouter la sampoña de Porfirio, couper les cheveux de Royer cherchant la coupe péruvienne la plus fashion (et entre nous, c’est pas si simple), bref l’expérience n’est pas terminé et elle chemine bien, rarement comme je l’avais imaginé, mais toujours dans la bonne direction.

Denis du 28 mars 2011 ( http://unrouxauperou.wordpress.com/)
photo http://www.linternaute.com/voyage/amerique-du-sud/photo/le-perou-sur-les-traces-des-incas/image/oasis-plein-desert-471200.jpg

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