Jc 5, 1-6 Le problème de la richesse - 26e dimanche du temps ordinaire

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Le problème de la richesse, quel est-il ? Elle tue en nous l’alacrité de la vie…

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La richesse constitue comme un édredon, une protection envers le risque inhérent à la vie, ce risque qui me maintient dans la vie véritable, celle de l’échange, de la relation vraie. La protection donnée par la richesse m’endort, me rend la vie douce, agréable, puis futile, capricieuse et, enfin, insignifiante… Elle risque de supprimer le goût d’avancer en moi, de vivre vraiment… Et bien plus grave encore, elle  m’offre le moyen de m’endormir encore plus, en exploitant par le pouvoir qu’elle me confère sur l’autre, le plus pauvre, à qui je puis imposer ma propre part de risque. Cette manière de se protéger encore plus, risque bien de me faire quitter le monde, le monde commun, le monde des vivants… Nous le voyons bien, actuellement, avec certains qui sont à la recherche d’une croissance sans fin de leurs richesses… Honte à eux vraiment ! Honte à nous aussi d’une certaine manière… Notre richesse est bien souvent le fruit de notre capacité d’exploitation du plus faible…

La richesse endort, car elle me protège des aléas, ce qui devient un souci sans fin. La richesse m’amène aussi à être injuste. La richesse est un choix qui me rend alors le juste insupportable, parce que le juste a fait un autre choix qui remet en cause par ce simple fait le mien. Le juste maintient un principe de proportionnalité, c’est en cela qu’il est juste, il lui en faut assez mais pas trop et pas n’importe comment, à partir de son action, de son activité avec les autres... Cela le conduit à maintenir une réelle communication, à savoir demander, à savoir donner. Cela l’ouvre à la relation… à l’altérité… La protection pour lui réside dans la relation à l’autre et notamment à Dieu qui compte pour lui. C’est certainement pour cela qu’il ne s’oppose pas aux méchants, il sait que la justice existe parce qu’il l’a éprouvée dans les échanges entre libertés, il croit qu’il lui sera fait justice, il vit sur cette foi, il risque sa vie sur elle… Il s’abandonne à Celui qui peut tout restaurer parce que déjà il donne et fait vivre… il accepte sa part d’incertitude, il accepte même de porter une incertitude plus grande, il accepte d’être solidaire de tous… Sa vie est une critique de celui qui s’est centré sur lui-même, il réveille en l’autre la violence de la cupidité, la violence de la peur du manque…

Tel peut être l’arrière-pays de la diatribe de Jacques, diatribe que nous pouvons signer, que nous pouvons aussi nous imputer à nous-mêmes… Alors demandons surtout au Seigneur la grâce d’une vie modeste, sans tomber dans la précarité, sans tomber dans la richesse. Soyons frugaux et désireux d’avancer en nos vies. C’est peut-être ainsi que nous aiderons le monde de la manière la plus efficace à vivre vraiment… Vivons dans l’alacrité que donnent frugalité et recherche de la justice ! De cette frugalité qui donne faim de Dieu et des autres… de recevoir d’eux, de leur donner… De cette frugalité qui nous donne faim du Royaume qui vient !

père Jean-Luc Fabre

Jacques 5, 1-6

Vous autres, maintenant, les riches ! Pleurez, lamentez-vous sur les malheurs qui vous attendent.
Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés des mites,
votre or et votre argent sont rouillés. Cette rouille sera un témoignage contre vous, elle dévorera votre chair comme un feu. Vous avez amassé des richesses, alors que nous sommes dans les derniers jours !
Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs, le voici qui crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur de l’univers.
Vous avez mené sur terre une vie de luxe et de délices, et vous vous êtes rassasiés au jour du massacre.
Vous avez condamné le juste et vous l’avez tué, sans qu’il vous oppose de résistance.

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Publié dans Lettre de St Jacques