Suis-je né sous une mauvaise étoile ?

Publié le par Jean-Luc D.

A Notre Dame de Lourdes en ce jour de l’Immaculée Conception.

Dans mon enfance, relativement joyeuse et paisible auprès de ma famille, c'est avec ma grand-mère que je fis mes premiers pas sur le chemin de Dieu, lorsque nous allions fêter Pâques chez elle et que nous l'accompagnions à la messe. Mais, c’est le curé de cette époque-là qui m’a appris à prier. Je garde de lui un très bon souvenir. Il m’avait offert un livre qui s’appelle « pierre vivante » lors de ma première communion.

Mais, peu de temps après, Dieu disparut. Pourquoi ? Car en 1986 un accident est survenu dans ma vie et m’a rendu handicapé. Après des mois d’hospitalisation, je suis retourné chez moi bien entouré par mes parents, ma petite sœur et mes copains restés fidèles. Cela m’a beaucoup aidé ! L'un d'eux, musulman essayait de m’expliquer les causes de mon accident selon sa foi. Plus tard, il m’offrira un coran, que j'ai lu bien que baptisé la bible restait mon livre. Petit à petit, je rouvrais les yeux.

En 1989, grâce à ma mère, qui s’est toujours bien occupée de moi, j’ai fait mon 1er pèlerinage du rosaire à Lourdes. N'étant pas encore stable dans ma foi je me demandais où j’allais ! Mais lors la messe de clôture, au moment du partage de la Paix du Christ ; alors que les gens autour de moi se saluaient, pris d’une vive émotion, je me mis à pleurer. Je compris qu'il s'était passé quelque chose pendant ces quelques jours ! Et après avoir versé bien des larmes, la paix est revenue en moi. Depuis, je fais ce pèlerinage tous les ans. Là, au pied de Notre Dame, je retrouve une joie que je ne ressens nulle part ailleurs! Actuellement, je suis, entre autre, responsable pour la région Midi-Pyrénées de ce que l'on appelle les services nationaux qui accueillent de jeunes malades et handicapés de toute la France venus faire leur pèlerinage. Je découvre, alors, années après années, comment je peux participer à la vie du Christ en étant cloué sur mon fauteuil !

Mon vécu m’aide à mieux entendre les cris, les souffrances des autres et à essayer de vivre dans un esprit évangélique, donnant le meilleur de moi-même. Très amoureux, je prie le Seigneur pour que mon idylle dure le plus longtemps possible mais je vis l’instant présent, même si le passé s’est ancré en moi et me soucie peu de l’avenir. Car je crois profondément que le Seigneur m’attend maintenant et aujourd’hui et c’est dans cet esprit que je réponds à l’appel de la paroisse en étant membre de l’EAP avec pour but de vous dire que nul n’est assez pauvre pour n’avoir rien à partager ; que je ne suis pas né sous une mauvaise étoile comme on le dit souvent, mais sous une vraie lumière qui peut éclairer la route de notre prochain. Aimons cette vie donnée ! Recevons- la ! Faisons attention à autrui, donnons-lui un sourire, un mot d’encouragement. Laissons-le nous parler : ce sont des choses que chacun, chacune peut faire si elle ou il le veut. C’est cela mon bonheur du moment et de chaque jour de ma vie.

Jean-Luc D.

Publié dans Notes de vécu