Je vous en prie jeune homme : passez donc le premier, j'y tiens !

Publié le par père Jean-Luc

mutuelle-sante-jeunes.jpgUne enquête à retenir. Dans le journal « Le Monde » du 24 novembre 2011, l’article « le jugement sévère des Français sur la jeunesse » de Luc Bronner juxtapose deux séries de données, l’une n’est-elle pas la conséquence de l’autre.

D’un côté, comment trouvons-nous les jeunes ? Et ce n’est pas brillant avec une perception assez négative de leur comportement. Ils sont jugés Egoïstes à 63 %, Intolérants à 53 %, Pas engagés à 64 %, Paresseux à 53 %...

De l’autre côté, comment estimons-nous l’évolution de la situation pour eux par rapport à celle de la génération précédente ? Et ce n’est guère brillant là non plus. Plus difficile qu’avant à 92% pour l’emploi, à 89 % pour le logement, à 84% pour le pouvoir d’achat, à 51 % pour la formation... Le seul point de progrès : une plus grande possibilité de consommer du loisir... estimée plus facile à 57 % !

La jeunesse n'a connu que la crise et l'enchaînement des insécurités sociales, et cette crise a "constitué un obstacle de taille à la conquête de l'autonomie par les jeunes". D’où certainement les raisons du constat... Christian Baudelot dans l'ouvrage de La République des idées Refaire société (Seuil)[i]. Les changements de conditions entrainent les changements de comportements... Disons-le plus nettement et autrement : comment pouvez-vous permettre la croissance, le développement de quelqu’un si vous ne lui donnez aucune possibilité réelle d’initiative... comment la personne peut-elle prendre confiance en elle et en l’autre, contribuer à l’avancée de l’humanité ?...

Alors que faire ? Pas grand-chose, si ce n’est changer notre regard, s’habiller envers eux, comme envers chacun de bienveillance... Une petite histoire vraie conforte ce point... et montre que chacun de nous, nous pouvons faire un pas vers eux... que notre vie fourmille d’occasions pour laisser l’autre grandir et nous donner de nous émerveiller...

Une amie se rend en vélo à son travail avec son jeune fils, en apprentissage non loin de son travail. A un passage piéton, elle est témoin d’un accident. Une vieille dame est renversée par une voiture. La vieille dame git au sol ensanglantée, encastrée dans le véhicule. Son fils prend la mesure de la situation, installe la signalétique de détresse, prévient la police, fait face, réconforte la vieille dame, lui prend la main, lui parle, la maintient dans la confiance... Il est le héros de l’accident et du premier secours.

Bien des semaines après, la police cherche à établir les faits, et l’agent de police préfère, a priori, le témoignage de la mère plutôt que celui du fils, jugé trop jeune alors qu’il est adulte, et jeune travailleur. Alors qu’il a été présent à la scène... même le dire de la mère n’est pas reçu... Mon amie a repris l’initiative et obtenu que son fils soit entendu comme témoin.

Où allons-nous si nous ne pouvons pas faire confiance à nos jeunes ? Quelle confiance nous faisons-nous à nous-mêmes comme éducateurs, si nous ne pouvons pas faire confiance à la relève...

Alors que nous marchons vers la crèche et la venue d’un enfant qui nous apporte le salut, comme nous le dit notre foi, retrouvons cet esprit de bienveillance, accueillons tous ces jeunes talents, honorons la Vie en eux. Acceptons de recevoir d’eux, faisons leur une place, une vraie place d’acteur... Réalisons que Lui aussi a eu bien du mal [ainsi que sa mère et son père] à avoir une place à l’auberge de Bethléem...

Ce post traite de la situation française, je sais que dans bien d’autres pays, la situation est bien différente, heureusement.

photo http://www.mutuelleverte.com/Portals/0/Ressources/LienUtil/mutuelle-sante-jeunes.jpg


[i] "Une société qui a peur de sa jeunesse est une société bien mal-en-point."Cyril Marcilhacy pour Le Monde.fr Article paru dans l'édition du 24.11.11

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