Jeunes pousses dans la forêt

Publié le par père Jean-Luc

Parmi les nouveautés de 2012, écoutons pousser les jeunes pousses dans la forêt...  

« Je L’avise et Il m’avise » [je le considère et il me considère] propos tenu par un vieux paroissien au curé d’Ars qui le voyait demeurer silencieux dans l’Eglise.

 

L’ambiance médiatique en France est à la morosité... cela n’est qu’un aspect de la réalité, prenons en conscience....    

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Mon dentiste que je vois bien trop régulièrement en ces jours à mon goût, m’a raconté les diverses raisons de son choix de métier, un goût de la très jeune enfance pour le bricolage miniature (son père était cordonnier et il voulait, lui, faire de vraies chaussures miniatures), le désir de s’élever dans les classes sociales et de gagner de l’argent, le père d’un ami qui lui a parlé du métier de dentiste... Le tout était joué. Il a 8 frères et sœurs, qui tous ont créé leur activité. Aucun des enfants de cette nombreuse fratrie n’a fait de même. Il reconnaît que s’est perdue la capacité d’innover, de se projeter de réaliser à partir des années 70. Tout le monde alors s’est mis à rêver de grandes entreprises...    

Lors du réveillon du jour de l’An, je partage le repas avec une dame qui a œuvré pour aider les chômeurs d’une manière non conventionnelle. Elle nous dit que la voie la meilleure pour que ces gens s’en sortent consiste à les aider à se lancer dans la création d’entreprise. En effet, ils savent par le chômage qu’ils ne s’en sortiront que seul et à partir de leur initiative propre. Ils ont donc déjà là le moteur essentiel de l’entrepreneur. Il n’y a qu’à leur apporter les moyens et savoir-faire nécessaires... Le rodage de ce moteur passait par l’apprentissage d’une bonne organisation du temps dans le cadre si déstructurant de l’absence d’emploi. Pour certains cela débouchait sur une nouvelle gestion du temps. Cela donnait ensuite de développer d’une part les bases d’une réelle autonomie d’autre part les capacités créatrices inscrites en chacun de nous. Cela lui a donné de mesurer combien notre propension est forte de ne former qu’une « société d’employés » pour notre pays... ses origines cantaliennes la mobilisent, elle.    

La dernière promotion d’ingénieurs sortis de l’Icam Toulouse devrait voir une bonne dizaine d’entre eux se lancer dans la création d’entreprises cette année et d’autres dans les années qui viennent. Bien d’autres veulent travailler dans le BTP, et d’autres, en nombre sans cesse décroissant, trouver un emploi dans la grande industrie... perçue comme trop limitante au désir d’entreprendre, de tenir un tout dans les mains d’une manière responsable et non pas simplement contributive...    

Voilà un faisceau de faits, de témoignages qui montrent que nous sommes à un nouveau basculement de société encore une fois. Nous quittons les années 70 et leur esprit opportuniste. L’initiative est de retour mais elle a une certaine couleur. Une nouvelle économie est entrain de naître, celle que Michel Volle qualifie de « considération » http://michelvolle.blogspot.com/2009/12/pour-un-de-la-consideration.html, riche de relations nouvelles.    

Il y a au cœur de l’homme le désir profond d’entreprendre, de réaliser par lui-même. Ce désir est irrépressible. Il pousse les hommes, et les poussera à se lancer... dans une entreprise propre où ils peuvent se réaliser, nouer des relations fortes avec d’autres, relever des challenges... mais aujourd’hui la réalisation de soi ne semble pas être attirante sans la réalisation de l’autre... Cette idée fait son chemin...    

C’est dans ce monde qui s’ouvre au respect réciproque de chacun que doit se mettre à repousser aussi la Bonne Nouvelle... qui est aussi appel à l’initiative, à la réalisation commune, à la considération...    

Sachons mobiliser nos énergies au quotidien. Entreprendre pour notre part et encourager aussi... avec une profonde attitude de respect envers tous...

photo http://www.notre-planete.info/photos/image.php?id=3556

Publié dans actualité et vie : JL