Jn 13, 31-33a.34-35 5e dimanche de Pâques année C, 24 avril 2016

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Cinquième Dimanche de Pâques,  24 avril 2016  (PU) (Oraison)

Transmettre la foi, qu’est-ce à dire ? 

« … Un jour je me suis aperçu que les questions éternelles

se jouaient au niveau de la terre,

dans l’expérience humaine,

dans la chair et le souffle.

Pour moi, tout a changé. »

 

Jean Sulivan, L’instant l’éternité,

Entretiens avec Bernard Feillet, Paris, Le Centurion, 1978.

 Jean 13, 31-33a.34-35

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Juda fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu en retour lui donnera sa propre gloire ; et il la lui donnera bientôt.  Mes petits enfants, je suis encore avec vous, mais pour peu de temps. Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres. »

aimez vous les uns les autres-copie-1

« Maintenant le Fils de l'homme est glorifié » une étape a été franchie. Le Fils de l’homme est glorifié. Cela veut dire qu’il va demeurer comme figé dans une attitude riche, ample, essentielle, enveloppante, celle de l’acte de l’offrande de soi pour tous. Ce « tous » est authentifié, dès le début, par la trahison d’un de ses proches, Judas. Le Seigneur veut ce « tous » puisqu’il porte un « anti » depuis le commencement près de son sein… Chacun, dès lors, va pouvoir se rapporter à lui dans cet acte qu’il pose. Le Seigneur se révèle ainsi comme étant « celui qui donne passage » [Paul Beauchamp]. Peu à peu, il ne sera même plus que cela. Son existence humaine de part en part se révèlera comme étant lieu du passage, passage pour tous. Il s’abandonne, accepte d’être ainsi figé, objectivé, susceptible d’être ainsi absorbé, mangé, il devient nourriture pour tous, la porte pour tous. Maintenant, c’est donc l’aujourd’hui de la révélation qui se rend capable de rejoindre chaque instant de l’aventure humaine, et ainsi donner à chacun de ces instants de se trouver orienté vers sa vraie finalité.

 

« Un commandement nouveau » Mais cette attitude vécue par Notre Seigneur en son existence terrestre elle doit pouvoir se propager, se manifester, s’étendre. Pour cela elle doit pouvoir tout d’abord être reçue dans l’épaisseur de l’humanité de chacun. Un geste posé par un homme peut toujours être repris, porté par d’autres. Mais ce geste pour porter sa propagation doit aussi être habité par celui qui le reprend, il est nécessaire que celui qui le pose ainsi pour un autre, en mémoire d’un autre, dans l’attente d’un autre puisse l’habiter lui-même. Et le Seigneur nous dit comment faire en notre situation propre, en nous aimant les uns, les autres en ayant souci de l’autre et d’abord dans la communauté des croyants. Là se tissent les relations à partir desquelles son geste propre pourra être habité, par moi, par l’autre, par tous.

 

« À tous les hommes » Voilà l’orient vers lequel et le Seigneur et nous, nous marchons. Et les pas que nous avons à faire sont simples. Il s’agit d’aimer son prochain, cela veut dire le considérer, aller à lui, cheminer avec lui, l’aider, avoir le souci de lui, et de vivre ainsi tous les jours de nos vies, là où nous nous trouvons, donner à celui qui demande, le respecter, lui demander aussi son aide. Mais il nous est donné de savoir qu’à travers cela, un autre monde s’esquisse, une autre figure de l’humanité. Se met en place au sein même de la situation, ce qui donnera consistance à la possibilité de se tourner vers le Seigneur, à le rencontrer dans les gestes qui le révèlent, celui de la Cène, celui de la Croix. Notre quotidien se charge d’une autre dimension, notre quotidien devient lui aussi eucharistique, apostolique… Le temps pascal va à son terme. Le Seigneur va se retirer, son geste se répandre, l’humanité va pouvoir devenir peu à peu à son rythme christique…

 

Attitude enveloppante du geste pour l’humanité entière, le fait d’être glorifié, tous nous sommes enveloppés, portés…

Commandement nouveau adressé au croyant pour que le monde librement devienne

Réponse en toute situation, à partir de Lui, à partir aussi de la situation… Nous accédons ainsi à notre vraie liberté, nous apportons ce qui est unique… Là où nous sommes, nous attestons…

L’Acte unique du Seigneur posé au temps de son existence terrestre…

Le mouvement de l’humanité, porté par Notre Seigneur, signé par chacun…

 père Jean-Luc Fabre

 

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