Jn 14, 1-12 Aller d’un regard à l’autre, le temps pascal…

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14 1 12.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ?
Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi.
Pour aller où je vais, vous savez le chemin. »
Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »
Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ?
Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.
Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père. »

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Celui qui a écrit cet évangile, c’est Jean. Jean a connu le Seigneur avant sa mort et a fait l’expérience du Christ Ressuscité. Dès lors il a compris combien Jésus n’avait cessé de leur enseigner la vie à venir, la vie en plénitude, lorsqu’il marchait avec eux sur les chemins de Galilée. Chaque passage de son évangile parle donc à la fois et de la vie du Jésus terrestre et de celle du Christ Ressuscité. Nous aussi en ce temps pascal nous sommes appelés à changer notre manière de regarder le réel, à comprendre comment toute chose de notre vie dans son éclatement peut nous conduire à la Vie…

Dans ces quelques lignes de l’Evangile de ce dimanche, un guide nous est donné pour changer notre manière de regarder, lorsque Jésus dit : « je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». Une image peut nous faire entrer dans la démarche, celle qui consiste à considérer ce beau bouquet joint au commentaire. Les fleurs y sont nouées après avoir été ramassées et maintenant elles sont aussi regardées par vous. Ces fleurs ont toutes poussé en des endroits différents mais le fleuriste les a mises ensemble pour composer un seul bouquet. Il est maintenant offert à notre contemplation. Il en est de même pour toute vie lorsqu’elle fait l’expérience du Christ Ressuscité.

Les pèlerins d’Emmaüs marchaient seuls désemparés, avec des bouts d’expériences fragmentées… Un troisième est venu qui a porté, caractérisé et relié ces expériences. Dès lors les deux, pleins de joie, sont repartis vers Jérusalem pour partager avec leurs frères. Le Christ a bien été pour eux chemin, vérité et vie… Chemin parce qu’il a rassemblé ce qui était épars, Vérité parce qu’il a associé ce qui paraissait dissocié, perdu, Vie parce qu’il a ouvert un avenir de nouvelles rencontres, d’inventions…

Il en est aussi de même pour nous en chacune de nos existences. Les éléments épars de joies et de peines, de réussites et d’échecs, de pertes et de recommencements… se révèlent portés par Celui qui peut les associer dans un ensemble porteur de sens. Cet ensemble porteur de sens produit en nous un mouvement vers les autres… Prenons le temps de recevoir notre existence en toutes ses dimensions de lumière et d’ombre, efforçons nous de les nommer, de les caractériser, le Seigneur est là qui marche avec nous. Prenons le temps ensuite lorsque ce travail est fait de chercher à les mettre ensemble, à leur donner une forme, sachons bien que la Vie de Jésus, son don de lui-même à la Cène, sa mort sur la Croix et sa résurrection au matin de Pâques peuvent donner sens à ce que nous traversons, nous donne de nouer en un acte libre et authentique cette dispersion de notre existence. Il nous est donné d’être alors en vérité. Prenons alors le temps de sentir monter en nous ce qui nous tourne vers l’avenir, vers nos frères. Le Christ Ressuscité s’efface alors pour nous ouvrir à la vie toujours plus large, celle avec nos frères, celle sous le regard bienveillant du Père, celle qu’anime son Esprit dans sa munificence… celle qui fait passer ce monde, tout ce monde, à la Jérusalem céleste de l’humanité réconciliée.

Père Jean-Luc Fabre

Source de la photo http://www.madaflora.com/images//products/Bouquet_de_fleurs_Tonga_Soa_Madagascar.jpg.

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