Jn 14,15-21 Entrer dans la vie véritable demande se disposer à recevoir le travail de l’Esprit en nous.

Publié le par père Jean-Luc Fabre

6 dim pâques

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14 15 21.
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Si vous m'aimez, Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c'est l'Esprit de vérité. Le monde est incapable de le recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure auprès de vous, et qu'il est en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D'ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Ce commentaire prend appui fortement sur celui du dimanche précédent. Rappelons que l’effort du temps pascal consiste pour chacun de nous à revenir à l’intelligence de ce qui nous rend chrétiens. Il s’agit, pour nous, de relier, de manière renouvelée, nos existences au Passage du Seigneur. Cela demande, comme nous le propose souvent Saint Ignace, d’user de notre mémoire (celle consignée dans l’Ecriture Sainte, celle de nos propres existences) de notre intelligence (cette capacité que nous avons de faire des liens) et de notre volonté (cette capacité en nous d’être affectés). Il est bon de procéder selon cet ordre. C’est l’intelligence, préparée par la mémoire, qui nous donne de pouvoir nous situer autrement et, par là, d’entrer pleinement, avec tout nous-mêmes et notamment notre affectivité, dans la Promesse qui nous est faite depuis l’origine.

« L'Esprit de vérité sera pour toujours avec vous » Dimanche dernier, une progression nous était donnée, celle du chemin, de la vérité et de la vie. La vérité apparaissait comme ce qui ressaisissait nos diverses expériences pour qu’elles puissent nous donner de nous tourner librement vers la vie (en nous et entre nous). Le principe de vérité, les Chrétiens l’éprouvent et le confessent comme étant la Mort et la Résurrection du Seigneur. C’est le Passage du Seigneur qui nous donne d’entrer dans la vie. Il est la Porte des Brebis. Aujourd’hui, dans ce temps liturgique pascal, nous réentendons la promesse qui nous est faite depuis le jour de la Mort et de la Résurrection du Seigneur : l’Esprit de Vérité sera toujours avec nous. L’Esprit est donc Celui qui dans le temps et l’espace nous ramène au passage du Seigneur. L’Esprit est celui du Seigneur. Mais c’est Esprit est aussi en nous, proche de nous, de nos vies, de nos expériences… 

« Il demeure auprès de vous, et [qu'] il est en vous ». Ce qui nous est proposé est donc de nous rendre attentifs à la présence de l’Esprit dans le quotidien de nos vies, dans nos diverses expériences, dans ce qui coule, se passe en nous… L’Esprit peut donc nous conduire, nous aider à discerner. Il est avec nous mais il ne cesse aussi de nous indiquer le lieu du passage, du retournement. Il est ce qui permet de recevoir le pli véritable de l’histoire humaine. Selon que nous découvrons, vivons de ce pli, le Passage du Seigneur, ou non nous devenons du Père et du Fils ou nous restons du monde… le monde est ce qui est loin, car il ne voit pas, il n’a pas l’intelligence pour saisir ce qui se donne… Il se construit donc autrement, sur la chair fermée sur elle-même. 

« Le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi ». Il y a donc ce dynamisme qui atteint le croyant, lui donne de dire « oui » au pli. C’est cela qui le conduit jusqu’à la vie, celle de l’Esprit qui relie et au Passage et aux autres, tous les autres. Il y a ainsi ceux qui restent figés en eux-mêmes, en leur puissance sans visée. Ils constituent le monde, ce monde qui ne voit pas. La vie qui nous est promise, est celle même de Dieu, celle qui s’échange entre le Père, le Fils et l’Esprit… Vienne l’Esprit en ma chair ! Accueillons-le. Offrons lui patiemment notre mémoire, notre intelligence, notre volonté…

Père Jean-Luc Fabre