Jn 17, 1-11a Pour qu'ils soient un, comme nous-même

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Il est urgent d’attendre...

Prenons le temps de recevoir ce qui nous est donné...

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17,1-11a.

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi.
Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi.»

 

Nous sommes dans ce long temps de Pâques, qui dure non pas 40 jours comme le Carême mais 50 jours, il y a les quarante premiers jours jusqu’à l’Ascension puis les 10 jours où nous sommes qui nous conduisent à la Pentecôte... Se vit là, la conversion qui, peu à peu, donne à l’Eglise, à nous de prendre notre vraie et pleine stature... Une présence a été interrompue pour qu’une autre naisse... une autre où il nous est donné d’y être plus pleinement présents, plus pleinement acteurs. Ce passage de Saint Jean dont nous entreprenons la lecture peut nous guider dans la réception des grâces spécifiques de ces jours... Prenons le temps de recevoir ce qui nous est donné en chacune de nos vies... n’allons pas trop vite...

Une œuvre a été accomplie « J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner ». L’œuvre du Fils consiste à faire connaître le Père, et cela il l’a réalisé en vivant pleinement une vie humaine, à travers cela il donnait la possibilité à tous les autres humains de le comprendre, et, par là, de comprendre ce qu’il voulait dire et exprimer du Père, de Celui qui le fait vivre... Son humanité est ce qui nous permet d’entrer dans le mystère de Dieu, elle se donne à contempler, à recevoir depuis sa conception jusqu’à sa mort et sa résurrection... A travers la vie du Christ, et spécialement son obéissance, sa dimension filiale se révèle et se révèle alors le Visage de son Père... Cette humanité parle en toute sa durée...

Une œuvre a été reçue « Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m'as donné vient de toi » Ce qui a été manifesté, est maintenant, reçu, compris, assimilé par d’autres profondément, nous sommes dans ce temps pascal où le don qui avait été perdu dans l’abandon de la Passion, dans le péché, dans le désarroi est maintenant reçu à nouveau dans le pardon, le don a transformé les disciples, ils ont acquis cette nouvelle stature, ils peuvent s’adresser pleinement au Père, au Fils... Ils sont entrés dans le mystère du Dieu de Vie, ils ne parlent pas par des opinions reçues d’autres mais à partir de ce qu’ils ont eux-mêmes expérimentés, ils peuvent devenir des témoins fiables de la Bonne Nouvelle. Jean nous le redit, prenons le temps de nous redire nous aussi notre foi, de mesurer combien elle nous relie au Père et au Fils, combien elle nous situe, nous ancre... laissons retentir en nous les paroles de vie reçues, laissons les produire leur fruit de vie...

Une œuvre est confiée « Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde » Alors peut s’ouvrir un autre temps, un autre temps à inventer, que dire là... rien de plus que ce nouveau temps le sera dans la mesure même où restera vive la mémoire de ce qui aura été vécu, tenir l’avenir demande de recevoir le passé, là où se trouve la promesse, le lieu de la rencontre, l’humanité du Christ... La situation sera toujours vivable, quelque soit les difficultés qui se présenteront à la condition que la promesse reste vive, et elle restera vive dans la fidélité au Nom reçu du Fils mais pour cela, il importe d’être d’abord et avant tout ancré dans l’unité entre nous, unité qui naît de la fidélité de chacun à la mémoire du Fils, à chaque rassemblement chrétien c’est cela que nous faisons, raviver en nous la fidélité à son Nom... Que soit bénie toute messe, toute prière...

Père Jean-Luc Fabre

Nous allons entrer dans la grande aventure du temps ordinaire...