Jn 17, 11b-19 Pour qu'ils aient en eux ma joie

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Comme lui ... Connaître la joie et se consacrer

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17,11b-19.

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie.
Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés.
Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde.
Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais.
Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.
Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité.
De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

« Quand j'étais avec eux, je les gardais dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné ». Nous avons vu ce qui s’est joué dans la scène de l’Ascension surtout pour les disciples, avec l’aventure vers laquelle leur Seigneur les envoyait... Aujourd’hui dans l’Evangile de Jean nous voyons comment le Seigneur vit pour lui-même ce même mouvement. Rappelons-nous qu’il ne nous appelle plus des serviteurs mais des amis, il se laisse connaître. Dieu veut la relation avec nous. Aussi, après nous avoir donné de nous connaître, de nous comprendre nous-mêmes, il s’offre à se laisser connaître par nous... Jésus dit le sens de son action à Celui qui l’a envoyé. Il nous donne aussi de comprendre ce que nous aussi « en son Nom » à lui, nous devons  faire envers nos frères... Au temps de sa vie apostolique et durant la Passion et le début du temps pascal, il a comme tenu ses deux mains, de part et d’autre des corps, des cœurs et des esprits des apôtres, des disciples pour les protéger, les guider, les soutenir et leur donner de prendre leurs vraies consistances par eux-mêmes... En cela, il faisait la volonté du Père : faire surgir des libertés filiales et capables de l’aimer vraiment... d’être fidèles à Son Nom, de l’appeler du fond du cœur « Père ».
« Pour qu'ils aient en eux ma joie » La joie est le fruit de cette réalisation, Jésus en ayant tout traversé, en voyant le fruit de son sacrifice déborde de joie. Ce qui n’aurait pu ne pas être est devenu possible à travers son don. Il est heureux de voir, de recevoir cette réalisation. Cette joie coule de lui d’une manière intarissable, la vie a vaincu la mort, l’amour trouvera toujours son chemin, le projet du Père se réalisera, des hommes croiront... Et cette joie, elle ne reste pas qu’en Jésus, Mort et Ressuscité, elle se transmettra aux disciples, à tous ceux qui se donneront pour que la vie ainsi se transmette... Encore aujourd’hui, c’est la même joie qui nous conforte, nous récompense, nous guide, nous donne de traverser les épreuves pour que l’œuvre se déploie... Elle nous conduit à louer, à entrer dans notre véritable dimension, se réjouir intensément que le monde soit, que le monde connaisse Dieu, vive de Lui, que Dieu soit, que nous puissions aller à Lui... La joie est notre guide...
« Et pour eux je me consacre moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, consacrés par la vérité ». Cette joie nous ramène au lieu dont elle émane, le don de lui-même par Jésus, ce don en appelle d’autres, le nôtre... Répondre à l’appel de la vérité en nous, quitter une manière d’être extérieure pour se décider nous-mêmes mais pour cela apprendre à connaître le Christ, être auprès de lui, découvrir ce qu’est la vraie vie, entrer dans son chemin... Nous n’en sortons pas, sans cesse nous revenons sur cette phrase... « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie »... Où que nous en soyons de notre vie chrétienne, revenir à ce commencement, à ces pas posés dans ses traces, savoir laisser ce qui nous tient comme responsabilité, reconnaissance, pour renaître de Lui... Le temps heureux de Pâques, chaque année, nous donne de nous ressouvenir, communautairement et personnellement, de là où nous sommes nés à nouveau à la vie... Que le Seigneur bénisse pour chacun ce temps de maturation qui s’achève. Dimanche prochain, déjà, nous entrerons par la Fête de la Pentecôte dans le temps ordinaire, où chacun assume sa responsabilité sociale, ecclésiale, familiale... Ce temps pascal nous donne de percevoir l’orient de toutes et de chacune de nos vies...

Père Jean-Luc Fabre

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