Jn 17, 20-26 7e dimanche de Pâques, 8 mai 2016

Publié le par père Jean-luc Fabre

 Que notre unité soit parfaite et le monde croira.

 

Jean 17, 20-26 En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.
Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN :
moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.
Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.
Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé.
Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

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En cette fin du temps pascal, de plus en plus, nous sommes tournés vers la situation qui est la nôtre, et le Seigneur nous donne en ce jour une indication très profonde  de la manière dont nous devons œuvrer selon son esprit. Il s’agit de vivre une croissance, celle de l’union. C’est elle qui fait sens auprès des autres, du « monde ». L’unité des croyants a donc vocation à l’ouverture envers tous. Elle tend, comme d’elle-même, vers la catholicité. C’est à cette aune que toutes nos actions prennent sens et seront jugées. Le souvenir vivant du Seigneur, autrement dit l’apostolicité, régule toutes actions en situation, vérifie la sainteté de nos réponses… donne à ce que le corps dans son action s’ordonne à cette croissance vers tous… Prions d’une manière toute spéciale, en ces jours, pour l’approfondissent de l’unité des chrétiens, les diverses démarches œcuméniques ainsi que pour notre Pape, porteur d’une mission toute spéciale dans cette dynamique… Entrons dans ce passage de l’Ecriture.

« Que tous »  Le Seigneur prie pour chacun de nous, qui sommes pris dans l’aventure humaine, depuis la nuit des temps jusqu'au terme de l’histoire. Il prie pour chacun et pour l’ensemble, car nous ne devenons pleinement nous-mêmes que lorsque nous nous trouvons unis aux autres et que chacun l’est. Tous nous sommes en marche vers notre identité véritable qui surgira du rassemblement… Ainsi la question de notre identité personnelle rebondit en celle de notre rassemblement. C’est là qu’elle trouve son poids véritable, le discernement de toute vocation propre est à l’aune de l’unité du corps ecclésial. Je ne deviens pas sans les autres, pour les autres, avec les autres qui que je sois… Aller vers mon identité, ma réalisation, cela veut également dire aller vers l’unité des hommes entre eux, d’une manière intimement conjointe.

« Ils soient un » De quelle unité s’agit-il ? Bien des tentatives d’unité ont été envisagées, certaines mêmes sont allées jusqu’à la mise en œuvre. Mais le plus souvent ; cela a entrainé un grand dommage pour l’homme, pour le visage de l’humanité. La tentative actuelle d’unité par l’économique se révèle insatisfaisant et en appel, pour le moins, d’un second souffle. Oui quelle unité selon le Seigneur ? Remarquons quelle ne s’adresse pas en tant que telle à tout homme mais à celui qui s’est mis à croire, qui a accueilli la Parole. Le principe de cette unité est donc certainement à rechercher en amont, dans ce qui ou celui qui a porté à croire. Le principe de cette unité est dans notre Seigneur, dans sa manière d’être qui rejaillit sur ceux qui croient en lui.

« Comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi » Voilà la source véritable qui irradie le corps entier de l’humanité par le moyen du corps ecclésial. L’union vécue entre le Fils et le Père. Union qu’a connue l’humanité du Fils. Cette union vécue d’une manière totale, totale en ouverture, totale en réciprocité, peut s’étendre par le Fils vers tous les hommes, ses frères. Il demande et reçoit pour nous du Père. A nous aussi de recevoir pleinement et de retourner ses dons en nous offrant aussi nous-mêmes. A travers cela, chacun voit son identité se renforcer, manifeste la gloire de son état, de sa situation, de ses relations et par là ne cesser d’attirer d’autres pour faire grandir l’intensité  de l’échange entre tous…

C’est donc le fait de vivre de cette dynamique interne qui donne le fruit. N’ayons pas de grands desseins, cette réalisation est au-delà mais ayons, chevillée au cœur et au corps, la simple volonté de vivre en fidélité au don reçu, en relation à Celui qui s’est donné, et ne cesse de se donner. Retournons-lui ses dons !

père Jean-Luc Fabre

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