Jn 2,1-11 Noces de Cana

Publié le par père Jean-Luc

Les lectures de la messe (17 janvier 2010)

noces-de-cana.JPG


En chacune de nos vies, les décisions sont de l’ordre de ce qui marque, de ce qui fait que demain sera différent radicalement d’hier… elles sont des passages, des points de non-retour. Nous savons d’expérience combien le fait de les avoir vraiment vécues nous donne de grandir… que la décision soit grande ou petite d’ailleurs.

Aujourd’hui, nous retrouvons Jésus, au seuil de sa vie apostolique, déjà il y a quelques disciples qui le suivent, il participe à une cérémonie de mariage.

Le manque de l’humanité, humanité symbolisée par ce couple qui s’unit, se présente à lui dans la parole de sa mère, femme attentive : « Ils n’ont pas de vin ». Ce constat énoncé l’appelle à répondre, lui révèle l’enjeu de la situation… le lui impose.

Oui, mais comment répondre ? A quel niveau ? « Mon heure n’est pas encore venue »… Une réponse totale, radicale, définitive demande d’être donnée par Jésus  « mon heure »… Une réponse si radicale que tout vacille, semble devenir incertain…

Marie renvoie Jésus à la situation présente, à la réponse concrète en disant aux serviteurs « faites tout ce qu’il vous dira ». Marie aide Jésus à commencer. Il n’est pas question d’ « heure », mais de poser un acte modeste, proportionné qui indique, qui oriente : un signe…

Si le Verbe fait chair vacille dans sa réponse, combien nous aussi avons à faire attention d’une part à ne pas nous esquiver devant ce qui se présente, mais d’autre part à ne pas vouloir aller trop loin dans la réponse. Il s’agit souvent d’accepter de poser un acte significatif mais modeste… L’aide d’un proche est souvent là pour nous aider à donner la mesure proportionnée… Cet acte manifeste que je désire répondre, que je m’offre au devenir de ce qui m’appelle, mais que je ne suis pas le tout de la situation, que je fais de ma réponse une parole adressée aux autres, à mes frères, à Dieu…

A un conseiller du Pape qui demandait à Ignace ce que le Pape devrait faire pour la réforme de l’Eglise, Ignace a répondu : que le Pape se change lui-même, qu’il essaie ensuite de changer sa maison et qu’enfin il tente de changer Rome…

Abordons 2010 résolument mais à pas comptés… nous avancerons vraiment !
Père Jean-Luc