Jn 20, 2-8 L'acte de foi de Saint Jean évangéliste

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Samedi 27 décembre 2014, octave de Noël

Jean 20, 2-8. Que chacun contribue par ses talents remis aux autres, à la croissance de l’Eglise.

Jn 20, 2-8. Le matin de Pâques, Marie-Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. » Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux, ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place. C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

http://www.evangelium-vitae.org/medias/grande/images/carroussel/Terre-Sainte---1.JPG

 

« L’annonce de la foi trouve son efficacité non pas tant chez les maîtres qui l’expliquent du haut de leur chaire, que chez les témoins qui la vivent dans les circonstances concrètes de la vie. » Cardinal Vallini, Homélie pour la Nation française Basilique Saint-Jean-de-Latran, 13 décembre 2011 en la fête de sainte Lucie,

 A chaque fois, l’Eglise retient un passage qui exprime quelque chose du génie propre de la personne dont elle célèbre la fête, que cette personne soit contemporaine ou non de l’ère apostolique. Le choix de l’Eglise inclut aussi un enseignement pour notre propre vie ecclésiale à partir de la figure du saint évoqué dans le passage d’Evangile retenu. Ici, en cette fête de Jean l’Evangéliste, l’Eglise a fait le choix de retenir la scène de la reconnaissance par Jean et par Pierre des signes de la Résurrection. Tentons d’en prendre la mesure et d’en dégager aussi un enseignement sur la manière de faire Eglise dans nos différences.

« On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. » A partir d’une information circonstanciée reçue de la première des témoins, Marie-Madeleine, l’un, Jean, s’élance et court vite, l’autre, Pierre, ira plus lentement. Celui qui court le plus vite attend le plus lent pour entrer, il s’efface même devant lui… Dans le tombeau, l’un, Jean, saisit en un instant la signification, l‘autre, Pierre, prend la mesure des morceaux de tissus funéraire sans pouvoir en comprendre aussitôt la signification. C’est pourtant ce dernier, le plus ancien, qui porte l’autorité… et le premier, le plus jeune, la reconnaît. Deux tempéraments différents, l’un plus intuitif et rapide, l’autre plus attentif aux détails et lent, un saisit la signification de la disposition des linges, l’autre se contente dans un premier temps de repérer le dispositif… Et pourtant celui qui saisit tout rapidement ne cesse d’attendre l’autre, l’autre qui a autorité…

« C'est alors qu'entra l'autre disciple » Jean a vu en profondeur la signification de la situation, il a compris l’intention du Seigneur… Mais Jean demeure en relation avec l’autre, Pierre, dont il respecte la préséance… Sans l’autre, sans la relation à l’autre, sa compréhension propre ne vaudrait pas. Les deux se reconnaissent comme membres d’un même corps, acceptent leurs différences, font par là œuvre commune… De même, Jean écriera son propre évangile, porteur d’une vision profonde, qui se distinguera des trois autres dits synoptiques, mais dans son originalité il reconnaîtra aussi l’apport des autres écrits… Jean arrivera donc, tout au long de sa vie, à être pleinement lui-même, respectueux des dons propres reçus, qu’il fera fructifier, tout en demeurant en relations profondes avec les autres, que cela soit Pierre ou les autres évangélistes… réalisant ainsi œuvre ecclésiale commune.

« Il vit, et il crut ». Il y a là, pour nous, toute une morale pour la manière d’être entre nous, membres de l’Eglise d’aujourd’hui. Savoir être pleinement soi-même mais parfaitement relié aux autres afin de contribuer ensemble à la constitution du corps ecclésial... C’est ainsi que se vit le Mystère de l’Eglise à la fois une mais aussi catholique, ce qui veut dire ouverte à la différence, à la recherche de cette unité eschatologique où l’ensemble de l’humanité peut être accueillie…

Que Jean qui a profondément aimé l’Eglise, œuvré pour son unité, sa sainteté, sa catholicité et son apostolicité, nous aide à la faire grandir aujourd’hui à la fois une, sainte, catholique et apostolique, en sachant être en liens profonds avec tous nos frères chrétiens, en sachant s’effacer devant eux, en grande humilité… C’est en cela qu’elle sera l’Epouse du Christ, porteuse de la Bonne Nouvelle pour les gens de ce temps, touchés par l’amour régnant entre nous…

père Jean-Luc Fabre