Jn 6, 44-51 Parole et geste, liés ensemble, nous entraine dans la vraie vie

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Jeudi (3ème semaine de Pâques)

Jean 6, 44-51 En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif.
Mais je vous l’ai déjà dit : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas.
Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors.
Car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé.
Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour.
Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

beth & both

« Après avoir multiplié les pains » Le Seigneur ne cesse de poser des actes, qui s’appuient sur des paroles, pas les uns sans les autres. Il s’adresse à nous de telle manière que notre liberté puisse adhérer librement : l’acte manifeste son engagement, la parole ouvre une possibilité de réponse de notre part. Le Seigneur a vécu ainsi toute son existence. Sa mort et résurrection, son œuvre, est de la même veine. Sa vie entière l’éclaire et est en retour éclairée par cet événement, événement à la fois celle d’un acte, qui engage et signe de manière définitive, la mort sur la Croix, et celle d’une parole, offerte et posée, qui rejoint toute situation, la Cène partagée avec les disciples.

voler en forme de coeur

« Instruits par Dieu lui-même » Cela veut dire que cet enseignement ne pouvait être que celui donné uniquement par Dieu lui-même. Le signe de Dieu est bien de pouvoir aller contre la mort, le seul signe qui puisse nous parler vraiment à nous les hommes, qui devenons plus humains, en nous découvrant hantés par elle, la mort. Mais ce chemin contre la mort, posé par Dieu, ne consiste pas à s’en retirer, à revenir à la vie antérieure, à se maintenir mais à la traverser, à aller au-delà. Le geste ainsi posé, le geste impossible, traverser la mort, ne pouvait être que le geste de Dieu, seule sa puissance le pouvait. Ce geste introduit la vie présente, notre vie, dans une toute autre dimension. La révèle à elle-même, lui donne son véritable sens. Ce geste voulu appelle à dire une parole, qui ouvre, pour nous, la possibilité de nous y associer là où nous sommes. Une forme se donne aussi pour qu’en tout lieu un chemin s’ouvre à chacun. Une enveloppe nous est donnée qui porte nos vies, celle des paroles posées sur la coupe et le pain en signe du Corps et du Sang offerts…

« Je suis le pain de la vie » Ainsi, la parole précède, le geste suit. Les deux, ensemble, nous portent. Ils donnent de comprendre, de mesurer l’engagement, de l’entendre, de le recevoir, de pouvoir y répondre… Chaque année, en revisitant la Pâque du Seigneur, les gestes et les paroles que nous faisons en mémoire de Lui, tout au long de l’année liturgique, se ravivent. Nous comprenons que dans les paroles que nous disons, Il vient véritablement à nous, auprès de chacun de nous et qu’Il ouvre, à chacun, un chemin, son chemin de Vie. La vie, donnée une fois pour toutes, ne cesse de devenir, par la parole liturgique, en tout lieu, vie reçue, vie fructifiante…

père Jean-Luc Fabre
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Ps. Une manière de lier parole et geste, sentir, éprouver combien il y a un lien profond, humain qui s’offre à nous au cœur même de notre humanité, Dieu nous parle homme au plus profond… Gestuer la parole vient nous toucher en toutes les dimensions de notre être… http://www.parole-et-geste.org/ http://catholique-lepuy.cef.fr/La-Parole-prend-corps.html