Jn 6, 51-58 Une descente abyssale pour permettre une relation toute nouvelle d’une extrême intimité…

Publié le par père Jean-Luc Fabre

Les lectures de la messe de la Fête Dieu

Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité

calice.jpg 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,51-58.

Après avoir nourri la foule avec cinq pains et deux poissons, Jésus disait : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

« Après avoir » : Jésus ne cesse de donner des preuves de ce qu’il dit, de ce qu’il fait. Sa vie est recherche de communication envers nous. Les gestes qu’il pose sont riches d’une signification que nous avons toujours à rechercher. Dans ce don de la multiplication des pains pour nourrir la foule, Jésus dit déjà quelque chose de ce qui l’anime au fond, de la soif et de la faim du don qui habitent en lui…

« Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel » : Jésus parle de lui, de ce mouvement qui l’amène à se donner totalement, à envisager son anéantissement pour nous, pour nous nourrir, nous nourrir de la Vie en lui, celle qu’il reçoit lui-même. Cette « néantisation » n’est pas une mort, un abandon, car cette néantisation est portée par le souffle de Vie, par le désir de la transmission. Elle est appel à une transformation fondamentale de notre part et de sa part. Une manière radicalement nouvelle de recevoir la vie, non plus d’en bas, dans la survie et le manque mais d’en haut dans la Vie partagée pleinement et ouverte sur l’Autre…

« Celui qui me mangera vivra par moi » : notre action consiste seulement à consentir en retour, à entrer dans une réciprocité dans l’abandon, à laisser faire. Mesurons l’appel à l’intimité qui nous est lancé. La relation avec Jésus est plus intime qu’avec nos mères qui nous ont portés en leurs seins de longs mois, qui souvent nous ont nourris de leurs laits. Il est en nous, nous sommes en Lui. Découvrons cette nouvelle vie, où je vis par Lui, avec Lui et en Lui…ainsi qu’avec mes frères. Réalisons qu’Il était déjà là depuis toujours. Je trouve ainsi ma véritable identité dans ce corps de louange et d’amour. Nous ne perdons pas notre vie, nous entrons dans la Vie.

Source de la photo :

http://www.famillechretienne.fr/data/imgs/articles/calice_128687960025858900.jpg.