Cinquante jours - Temps pascal

Publié le par Jardinier de Dieu

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Cinquante jours -nous pourrions les appeler la " Pentecôte pascale "- nous sont donnés par l’Eglise comme sept semaines d’allégresse, que nous sommes invités à utiliser pour approfondir l’engagement de notre baptême dans trois directions :

Attester le fait de la Résurrection Quel temps il a fallu à Jésus pour pacifier les Apôtres, se donner à voir et à reconnaître ! Dans l’octave de Pâques, nous lirons les passages des Evangiles qui nous montrent Jésus Ressuscité : les femmes en Matthieu le lundi, Marie de Magdala le mardi, les disciples d’Emmaüs le mercredi, l’attestation la plus forte et la plus concrète en saint Luc le jeudi : "C’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os (...) Avez-vous ici quelque chose à manger ?", la pêche miraculeuse en saint Jean (ch. 21) qui sera aussi notre lecture dominicale cette année, deux semaines après Pâques.

On y trouve ce verset merveilleux et paradoxal qui dit de façon presque amusante le difficile chemin de notre foi : "Aucun des disciples n’osait lui demander : ’Qui es-tu ?’ Ils savaient que c’était le Seigneur." Ils auraient bien aimé s’assurer, ils en avaient besoin et n’osaient pas... mais non, c’était inutile, tout était clair ! Le samedi, nous lisons la finale de l’Evangile selon saint Marc. Et le dimanche qui suit Pâques, c’est le fidèle rendez-vous annuel avec Thomas, dûment admonesté par Jésus : "Cesse d’être incrédule, sois croyant". En lisant les Actes des Apôtres, on voit aussi le temps que Pierre prend pour affirmer le fait de la Résurrection. Nous-mêmes et nos contemporains, nous avons besoin d’être fortifiés. Ce mystère dépassera toujours nos intelligences, mais il doit être éclairé, attesté. La foi de l’Eglise conforte la fragilité de la foi de chacun de ses enfants.

Contempler le mystère Cet événement survenu dans un lieu précis et à un moment de l’histoire, dépasse le cadre dans lequel il est situé. Comme dit le Catéchisme de l’Eglise catholique (639), c’est un "événement historique et transcendant". Jésus est sorti victorieux du gouffre de la mort où on avait voulu le précipiter. Qui comprendra ? Mille questions nous viennent sur le corps du Ressuscité. C’est le même et il est si différent, comme l’Evangile l’indique : il entre dans une pièce dont les portes sont verrouillées, il marche avec des proches qui ne le reconnaissent pas, il s’élève dans les cieux.... Le second temps de la méditation pascale va donc s’arrêter sur la méditation de ce mystère. Nous lisons la conversation avec Nicodème : "Ne sois pas étonné si je t’ai dit qu’il vous faut renaître" (Jean 3), puis les chapitres sur le pain de vie et sur le Bon pasteur (Jean 6 et 10) et le long discours des adieux qui est comme un testament spirituel du Seigneur (les chapitres 14 à 16 du quatrième Evangile). Enfin, nous irons au lieu le plus secret, celui de la prière de Jésus (en Jean 17). C’est pour ainsi dire de l’intérieur même du Christ que nous nous préparerons à recevoir le don de l’Esprit.

Le plus déroutant, c’est que la Résurrection n’est pas un cadeau que Dieu réserve à son Fils unique. Il la promet à tous ses enfants, c’est l’affirmation du Credo : "J’attends la Résurrection des morts et la vie du monde à venir." La vie de l’homme est inondée d’une lumière nouvelle, et la porte s’ouvre sur un mystère insondable : l’amour de Dieu est source d’une vie qui n’aura pas de fin. Mais alors, Seigneur, si "avec la mort, la vie n’est pas détruite", si mon corps doit aussi connaître la Résurrection, on comprend que l’Eglise demande à ses enfants de respecter le corps de l’homme comme un "temple de l’Esprit-Saint". Merveille qui nous dépasse : "Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? Le fils d’un homme pour que tu en prennes souci..." (Ps. 8).L’événement de la Résurrection rejaillit mystérieusement sur chaque existence humaine. Voilà la source de toute espérance.

Se lancer dans la mission Tout au long du temps pascal, nous lirons le livre des Actes des Apôtres, en première lecture, les dimanches comme les jours de semaine. Nous avons cinquante jours pour accumuler les forces intérieures qui nous permettront de partir en mission, d’être les témoins du Ressuscité tout au long de l’année et jusqu’à notre dernier souffle.

"Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre" (Ac 1, 8). Le message de l’Evangile, et tout spécialement l’annonce de la Résurrection qui en est le cœur, est destiné à tous les hommes. Ils l’attendent, ils y ont droit, et il nous incombe de le leur faire connaître. C’est la prolongation de la mission même de Jésus : "Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie" (Jn 20, 21). C’est à nous qu’il revient d’écrire les Actes des Apôtres en ce début du XXIe siècle.

Que chacun de nous reçoive en plénitude la joie de cette " cinquantaine pascale " !

Cardinal Barbarin http://www.cardinalrating.com/cardinal_9__article_853.htm
source de la photo http://homedream.romandie.com/get/15043/printemps001.jpg

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