La Croix de Saint André - Commentaire de Benoit XVI

Publié le par Jardinier de Dieu

30 novembre - fête de St André, apôtre

André, frère de Simon, premier appelé, premier apôtre.

Son premier miracle était : conduire son frère Simon au Christ. 

Une tradition successive raconte la mort d'André à Patras, où il subit le supplice de la crucifixion. Cependant, au moment suprême, de manière semblable à son frère Pierre, il demanda à être placé sur une croix différente de celle de Jésus. Dans son cas, il  s'agit d'une croix décussée, c'est-à-dire dont le croisement transversal est incliné, qui fut donc appelée "croix de saint André". Voilà ce que l'Apôtre aurait dit à cette occasion, selon un antique récit (début du VI siècle) intitulé Passion d'André :

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Je te salue, ô Croix,
inaugurée au moyen du Corps du Christ
et qui as été ornée de ses membres,
comme par des perles précieuses.

Avant que le Seigneur ne monte sur toi,
tu inspirais une crainte terrestre.

A présent, en revanche,
dotée d'un amour céleste,
tu es reçue comme un don.

Les croyants savent, à ton égard,
combien de joie tu possèdes,
combien de présents tu prépares.

Avec assurance et rempli de joie,
je viens donc à toi,
pour que toi aussi,
tu me reçoives
exultant comme le disciple
de celui qui fut suspendu à toi...

O croix bienheureuse,
qui reçus la majesté
et la beauté des membres du Seigneur !...

Prends-moi et porte-moi loin des hommes
et rends-moi à mon Maître,
afin que par ton intermédiaire me reçoive
celui qui, par toi, m'a racheté.

Je te salue, ô Croix;
oui, en vérité, je te salue !

Comme on le voit, il y a là une très profonde spiritualité chrétienne, qui voit dans la croix non pas tant un instrument de torture, mais plutôt le moyen incomparable d'une pleine assimilation au Rédempteur, au grain de blé tombé en terre. Nous devons en tirer une leçon très importante : nos croix acquièrent de la valeur si elles sont considérées et accueillies comme une partie de la croix du Christ, si elles sont touchées par l'éclat de sa lumière. Ce n'est que par cette Croix que nos souffrances sont aussi ennoblies et acquièrent leur sens véritable.

Que l'Apôtre André nous enseigne donc à suivre Jésus avec promptitude (cf. Mt 4, 20; Mc 1, 18), à parler avec enthousiasme de Lui à ceux que nous rencontrons, et surtout à cultiver avec Lui une relation véritablement familière, bien conscients que ce n'est qu'en Lui que nous pouvons trouver le sens ultime de notre vie et de notre mort.

Benoit XVI, 14 juin 2006, http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2006/documents/hf_ben-xvi_aud_20060614_fr.html

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