La maladie, un chemin qui peut faire grandir

Publié le par Myriam Hopperets

Christian Vinel, prêtre belge du diocèse Malines Bruxelles atteint du cancer... et qui lutte avec un "coeur réconcilié" et tout livré, et tout aimant pour tous ceux qui l'entourent, tout accueillant à leur solidarité en prière et en action...  Ce 11 février est aussi la journée mondiale de prière pour les malades...


Depuis que j’ai appris que j’étais atteint d’un cancer, je vis un combat qui me fait grandir humainement et spirituellement. Pas tous les jours facile… mais combien fécond ! Et je suis loin d’être seul dans cette aventure qui me touche directement...

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Les fruits du cheminement :


Traverser la douleur, la dépendance envers les autres, l’incapacité à faire quoi que ce soit par moi-même, l’impossibilité de concevoir des projets,… tout cela a contribué à me faire grandir intérieurement. En voici quelques exemples :
1-  Moi qui aimais entreprendre, faire beaucoup de choses… je vis une libération de ce qui était devenu une idéologie (idole) : le rendement. Je constate que je ne regarde presque plus ma montre, que je privilégie la fécondité qui prend du temps. Je suis beaucoup plus conscient que c’est Dieu qui donne la croissance en son temps ! Le laisser agir Lui me libère du stress et je peux accepter que tout ne dépende pas de moi.
2- J’apprends à ne pas tellement FAIRE mais à privilégier l'ÊTRE.
Être moi-même en respectant mon corps et ses limites, savoir dire NON.
Être avec Dieu qui est toujours avec moi.
Être disponible aux autres : prendre du temps pour être avec eux, aller vers eux, c’est finalement l’essentiel de ma vie et de mon ministère.
Etre heureux de ce que nous pouvons nous apporter mutuellement.
Être ouvert aux imprévus derrière lesquels Dieu se cache si souvent… Prendre le temps de contempler un coucher de soleil, la pleine lune… les choses simples de la vie.
3-  Je ne dois pas attendre la vieillesse pour apprendre à vivre dans la confiance et la réciprocité envers Dieu et les autres qui peuvent tant nous apporter !
Car nous sommes tous appelés un jour (dans son Royaume) à dépendre des autres et de Dieu dans une relation qui nous permet de rester nous-mêmes. Il faut qu’Il croisse et que je diminue : ce dépouillement consenti est une manière d’accepter la réalité que je vis. C’est là je crois un secret d’une vie sereine et libre. J’essaie de ne pas enjamber la Providence mais de laisser Celui qui veille sur moi agencer les événements selon son gré. Car je suis convaincu avec St Paul que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui L’aiment (Rm 8, 28)… tout, même la maladie, la souffrance, l’échec. Et cela m’aide à vivre davantage le moment présent. Comme Pierre qui marche sur l’eau à l’appel de Jésus, j’essaie de me tourner vers Jésus en Lui faisant confiance. Quand Pierre regarde les vagues, il commence à couler.
C’est ainsi par exemple que la veille de la première opération, je fus pris de panique en me disant que le chirurgien pourrait faire une erreur ! Je me ravise alors, me rappelant Pierre, et décide de ne plus me représenter l’avenir car celui-ci est toujours différent de ce que j’avais imaginé !
4- Le détachement d’une grande partie de la pastorale paroissiale n’est pas évident, mais Dieu me comble autrement. Il me confie aussi de nouvelles missions, comme témoigner de ma maladie, donner des récollections…


Et si le cancer reprenait de plus belle ?


Ce qui m’importe, c’est la qualité de la vie que j’ai actuellement, bien plus que le nombre des années… Et jamais je ne regretterai d’être passé par ce cheminement qui m’apporte tant ! Je vis dans la paix profonde du coeur qui m’est donnée. Pour traverser tout cela, je donne priorité à la prière et à l’Eucharistie pour recevoir l’Esprit-Saint et ses dons.

 

Christian Vinel
PASTORALIA – N°2 | 2012

photo http://qualita1.unblog.fr/category/maladie/

Publié dans Pensée du jour