La miséricorde de Dieu nous attend là

Publié le par Jardinier de Dieu

branche d'arbre 

Le « second appel » La miséricorde de Dieu nous attend là.

Si nous savons accueillir humblement la révélation de notre infidélité, la tendresse de Dieu nous ouvre d'autres horizons plus beaux que nos rêves. Nous ne serons jamais le saint ou le juste, le bon chrétien, le bon prêtre, le bon religieux que nous avions rêvé d'être, mais nous pouvons devenir ce pauvre qui n'a plus à offrir à Dieu que ses mains vides.

Alors tout devient possible.

C'est lorsqu'Ignace de Loyola est devenu cet élève qui ne sait plus que son ignorance, et qui ne rêve plus de faire ce qu'avaient fait saint Dominique ou saint François, que Dieu a pu faire mûrir en lui le dessein d'aider les âmes.

Puissions-nous saisir, nous aussi, la grâce qui, alors, nous est donnée.

Si douloureuse et éprouvante que soit la prise de conscience de nos limites, elle nous appelle à autre chose qu'à une morne résignation, vite accompagnée d'un sourd ressentiment contre ce Dieu qui, après nous avoir fait désirer l'impossible, nous aurait abandonnés au milieu du gué.

Or Dieu ne nous a pas abandonnés.

Il est plus présent que jamais à notre épreuve, espérant pouvoir enfin se révéler à nous comme celui qui est la béatitude des pauvres. Il ne dépend que de nous de l'accueillir en recevant notre pauvreté comme une grâce. main.jpg

Le voile enfin se déchire qui nous cachait Dieu, et sa sainteté peut emplir nos mains vides. 

Tous les saints ont connu, d'une manière ou d'une autre, cette étape. Ils ne l'ont pas franchie dans une crispation volontariste sur l'idéal de sainteté qui les avait mis en marche. Ils ont accepté leur pauvreté et ils y ont découvert un nouveau visage de Dieu, en accueillant ce que le père Voillaume a nommé un second appel(1).


Michel Rondet De la sainteté désirée à la pauvreté offerte

1 - René VoilIaume, Lettres aux fraternités, tome 1, Paris, Éditions du Cerf, 1960, p. 11-35 fleche.gif

Publié dans Miettes ignaciennes