Mt 7, 6.12-14 Aller son chemin d’humanité…

Publié le par Père Jean-Luc Fabre

Mardi 12e semaine du temps ordinaire
Matthieu 7, 6.12-14
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ; ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les piétinent, puis se retournent pour vous déchirer. Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent. Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. »

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« Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré… »  Comment comprendre cette série de recommandations de la part du Seigneur ? Comment percevoir le collier de perles qui se constitue ainsi ?… Peut-être, se dire que nous avons pour commencer notre cheminement, qui que nous soyons, à d’abord commencer par nous respecter nous-mêmes, respecter, considérer, honorer, écouter, laisser grandir la singularité qui nous constitue. Elle n’est pas à partager comme cela, elle est ce parfum précieux à savoir conserver dans un flacon bien fermé pour ne pas le répandre en vain. Un jour viendra où le parfum pourra être répandu mais pas n’importe comment, pas pour n’importe qui…

« Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous… » Si nous cheminons, sur ce chemin, où je travaille à me rassembler, à respecter en moi cette singularité qui se donne, je réalise que mon action quotidienne est plus ou moins aidante, que les choix que je pose orientent plus ou moins bien, pour faciliter mon avancée dans la réception profonde de cette singularité qui m’appelle. Alors je puis réaliser que ce travail précieux de densification de mon être, d’autres m’y aident et qu’ainsi je dois aussi chercher à aider autrui sur ce chemin. Oui, mon chemin d’humanisation passe par l’aide au chemin d’humanisation de l’autre. En plus d’être avec lui, mon prochain,  je dois chercher à me trouver à la bonne distance de lui, à le respecter pour l’aider à devenir lui aussi sur son chemin de singularité…

« Entrez par la porte étroite… » Dès lors je sens en moi un devenir global qui me pousse, que je m’efforce de respecter, de laisser croître. Ce n’est plus la réponse personnelle individuelle au Christ, c’est la réponse de l’humanité en moi. Dès lors, le cheminement n’est plus indifférent, je ne vagabonde plus, je marche sur mon chemin, à l’écoute de ce qui en moi ou dans la rencontre de l’autre me parle vraiment, me donne de m’ouvrir à la promesse pour moi, mais aussi pour tous les autres. Rien ne devient indifférent. Tout compte, tout a du sens… Sur ce chemin « étroit », je serai amené à rencontrer la parole du Christ, je réaliserai alors combien elle est vivante, combien aussi elle m’indique que mes frères, dans le quotidien partagé, me disent aussi la beauté de la Vie qui se donne… Je ne suis plus seul sur le chemin, tout bouge avec moi, je marche avec tous sur le chemin du Seigneur qui se fait tout à tous…

Père Jean-Luc Fabre

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